Opportunités commerciales en Afrique centrale
Opportunités commerciales en Afrique centrale
PROGRAMME DE PROMOTION DU COMMERCE SUD-SUD
ETUDE SUR LES OPPORTUNITES COMMERCIALES EN AFRIQUE CENTRALE
PAYS FRANCOPHONES DES SOUS-REGIONS
MEKONG, CEMAC ET UEMOA
Janvier 2008
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- ii -
Liste des abréviations :
ACP Afrique, Caraïbes, Pacifique
AGOA African Growth and Opportunity Act
APE Accord de Partenariat Économique
CAF Coûts, assurances, fret
CCI Centre du Commerce International
CEMAC Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale
CNUCED Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le
Développement
COMTRADE Commodity Trade Statistics Database
FOB Free On Board
INS Institut National de la Statistique
OMC Organisation mondiale du Commerce
PIB Produit Intérieur Brut
PME/ PMI Petite et moyenne entreprise / industrie
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
RCA République Centrafricaine
SH Système Harmonisé de désignation et de codification des
marchandises
SYDONIA Système Douanier Automatisé
TEC Tarif Extérieur Commun
TIC Technologie de l’Information et de la Communication
UE Union Européenne
PGE Programme Général des Echanges
BEAC Banque des Etats de l’Afrique Centrale
US United States (of America)
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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TABLE DES MATIERES
I. AVANT-PROPOS ……………………………………………………………………………………………… 1
II. INTRODUCTION GENERALE …………………………………………………………………….. 2
A. C
ONTEXTE……………………………………………………………………………………………………….. 2
B. O
BJETIFS …………………………………………………………………………………………………………. 2
C. M
ETHODOLOGIE……………………………………………………………………………………………….. 3
III. ENVIRONNEMENT ECO. ET COMMERCIAL DES PAYS CEMAC……………. 7
A. S
ITUATION MACRO-ECONOMIQUE ……………………………………………………………………….. 7
B. D
ISPOSITIFS EN VIGUEUR EN ZONE CEMAC POUR FACILITER LE COMMERCE……………. 12
C. E
VOLUTION DES FLUX COMMERCIAUX ……………………………………………………………….. 16
IV. ANALYSE DES MARCHES — COMMERCE INTER-REGIONAL……………….. 22
A. R
APPELS SUR LA SELECTION DES FILIERES A FORT POTENTIEL ……………………………….. 22
B. A
NALYSES DE LA DEMANDE ……………………………………………………………………………… 24
C. A
NALYSES DE L’OFFRE…………………………………………………………………………………….. 30
V. STRATEGIE POUR LA PROMOTION DU COMMERCE INTERREGIONAL . 37
A. M
ESURES POUR FACILITER LE POSITIONNEMENT DES ENTREPRISES SUR LES MARCHES.. 37
B. D
EVELOPPER LA COOPERATION INDUSTRIELLE ET COMMERCIALE…………………………… 40
C. F
AIRE CONNAITRE LES MARCHES ET LES PRODUITS DES DEUX (2) SOUS-REGIONS ………… 42
VI. CONCLUSION…………………………………………………………………………………………….. 44
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Evolution des valeurs moyennes du FCFA par rapport au dollar US…………………………….. 4
Tableau 2 : Evolution des dépenses de consommation en zone CEMAC (en $ milliards) ………………. 10
Tableau 3 : Tarif douanier simplifié, en vigueur en zone CEMAC ……………………………………………… 13
Tableau 4 : Evolution globale des importations des pays de la CEMAC (en $ millions) ………………… 17
Tableau 5 : Evolution des importations du Cameroun, Gabon et Congo en provenance du Vietnam . 20
Tableau 6 : Evolution des exportations du Cameroun en direction des pays du Mékong ……………….. 21
Tableau 7 : Principaux produits échangés par les deux sous-régions……………………………………………. 23
Tableau 8 : Evolution des importations de la CEMAC en riz (en $ millions)………………………………… 25
Tableau 9 : Evolution des importations de la CEMAC en produits textiles et d’habillement…………… 26
Tableau 10 : Evolution des importations de la CEMAC en gadgets électroniques (en $ millions) …… 28
Tableau 11 : Evolution des importations de véhicules à deux roues et matériels de transport …………. 29
Tableau 12 : Evolution des exportations de la CEMAC en coton (en $ millions) ………………………….. 30
Tableau 13 : Evolution de la production et des exportations de la CEMAC en produits miniers……… 32
Tableau 14 : Evolution des exportations de la CEMAC en produits pétroliers raffinés et de gaz ……. 34
Tableau 15 : Evolution de la production et des export. de la CEMAC en bois et ouvrages en bois ….. 36
Tableau 16 : Matrice d’actions pour le programme de dvp des échanges com. CEMAC et Mékong… 38
Tableau 17 : Matrice d’actions du programme de promotion du commerce inter-régional ……………… 44
Tableau 18 : Liste des produits retenus dans le cadre de la présente étude……………………………………. 45
Tableau 19 : Evolution des importations du Cameroun ( en $ millions)……………………………………….. 48
Tableau 20 : Evolution des importations du Congo ( en $ millions)…………………………………………….. 48
Tableau 21 : Evolution des importations du Gabon ( en $ millions)…………………………………………….. 49
Tableau 22 : Evolution des importations de la Guinée Equatoriale ( en $ millions)……………………….. 49
Tableau 23 : Evolution des importations de la RCA ( en $ millions) …………………………………………… 49
Tableau 24 : Evolution des importations du Tchad ( en $ millions) …………………………………………….. 49
Tableau 25 : Evolution des exportations du Cameroun (en $ millions) ………………………………………… 50
Tableau 26 : Evolution des exportations du Congo (en $ millions) ……………………………………………… 50
Tableau 27 : Evolution des exportations du Gabon (en $ millions) ……………………………………………… 51
Tableau 28 : Evolution des exportations de la Guinée Equatoriale (en $ millions) ………………………… 51
Tableau 29 : Evolution des exportations de la RCA (en $ millions)…………………………………………….. 51
Tableau 30 : Evolution des exportations du Tchad (en $ millions)………………………………………………. 52
Tableau 31 : Principaux fournisseurs du Cameroun en riz (en $ millions) ……………………………………. 52
Tableau 32 : Principaux fournisseurs du Cameroun en produits textiles (en $ millions)…………………. 53
Tableau 33 : Principaux fournisseurs du Cameroun en motocycles (en $ millions) ……………………….. 53
Tableau 34 : Principaux fournisseurs du Cameroun en gadgets électroniques(en $ millions) ………….. 54
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Evolution du PIB en termes réels dans les pays d’Afrique Centrale……………………. 8
Figure 2 : Evolution du ratio exportation/PIB au niveau de la sous-région……………………….. 19
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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REMERCIEMENTS
La présente étude a été réalisée par M.
TOUKA Jules Rommel, Statisticien Economiste,
Consultant en promotion et développement du commerce, suivant les termes de référence
proposés par le Centre du Commerce International (CCI).
Le Consultant s’est appuyé sur des entretiens avec les dirigeants en charge des questions,
commerciales, de la promotion du secteur privé dans les pays de la sous-région, et de bien
d’autres personnes ressources. Cependant, il détient l’entière responsabilité des opinions
exprimées dans cette publication.
Le Consultant saisit la présente occasion pour remercier tous ceux des responsables qui ont
bien voulu lui accorder quelques instants au cours de la mission de collecte des données qu’il
a effectuée dans les pays de la sous-région, en particulier les Chambres de commerce qui
abritent les points focaux du programme de l’OIF et du CCI sur la promotion du commerce
sud-sud. Il remercie par ailleurs toute l’équipe du CCI notamment la Division de promotion
du commerce Sud-Sud qui n’a ménagé aucun effort pour lui faciliter l’opération de collecte
des données et la réussite de la mission qui lui a été confiée.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 1 -
I. AVANT-PROPOS
La mondialisation jours a entraîné l’ouverture des frontières des pays et par suite exacerbé la
concurrence. Ceci amène les états à déployer de stratégies pour permettre à leurs entreprises de
saisir les opportunités qui s’offrent à elles dans ce nouveau contexte. Le régionalisme
1 est l’une de
ces stratégies, opéré en Afrique de l’Ouest et Centrale depuis les années 60. Cette option a connu
une grande avancée en janvier et mars 1994, avec la création de l’Union Economique et Monétaire
Ouest Africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale
(CEMAC).
Cependant, en dépit de ces efforts entrepris par les Etats de ces communautés par la signature de
nombreux traités commerciaux
2, leurs échanges demeurent faibles, et concentrés autour de quelques
produits primaires et seulement avec les partenaires traditionnels occidentaux. Cette tendance est à
présent modifiée avec l’avancée de la Chine sur le continent africain. Cet exemple amène à espérer
que les pays africains et les autres pays asiatiques pourront diversifier leurs clients / fournisseurs de
manière à tirer le plus de gains de la concurrence et de leur participation au commerce mondial.
Les analyses des flux
3 commerciaux des trois (3) Communautés économiques que sont le CEMAC,
l’UEMOA et les pays francophones asiatiques du Mékong (Cambodge, Laos et Vietnam) révèlent
des opportunités réelles d’échanges commerciaux non exploitées à cause de la présence de certains
facteurs qui entravent la croissance du commerce intra et inter-régional. Au rang de ces facteurs,
figurent le déficit en information sur les opportunités existantes dans chaque région et l’absence
d’une plateforme pouvant faciliter l’émergence des relations commerciales entre ces trois (3)
communautés.
C’est pour pallier ce déficit que le Centre du Commerce International (CCI) et l’Organisation
Intergouvernementale de la Francophonie (OIF), ont décidé de mettre en place un projet visant
l’expansion des échanges commerciaux intra régionaux entre les pays membres de ces entités
économiques, d’une part, et de promotion du commerce inter-régional entre les trois sous-régions
d’autre part. C’est dans le cadre de ce programme qu’il convient de situer la présente étude des
opportunités commerciales en zone CEMAC dans la perspective de développer les échanges
commerciaux entre les deux régions.
1
L’intégration économique régionale est supposée, selon la théorie économique, favoriser le développement, grâce
notamment à l’allocation efficace des ressources au sein de la région, la réduction des coûts de transaction dans les
échanges régionaux suite à l’élimination progressive des barrières tarifaires, l’augmentation des économies d’échelle,
l’utilisation efficiente et de façon optimale des facteurs de production, l’attrait des investissements et l’élargissement du
marché.
2
La plupart de ces pays sont signataires des accords commerciaux de Cotonou avec l’UE, et de Marrakech qui régissent
actuellement le commerce mondial.
3
Analyse statique des flux commerciaux entre les zones CEMAC et UEMOA, CCI, 2002
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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II. INTRODUCTION GENERALE
A. Contexte
Dans le cadre d’un atelier tenu à Vientiane au Laos du 8 au 10 novembre 2005 pour la sélection des
produits à fort potentiel commercial, les participants représentant les organisations de promotion du
commerce des pays francophones du Mékong, de la CEMAC et l’UEMOA avaient exprimé le
souhait d’explorer avec l’appui de l’OIF et du CCI, la possibilité d’intégrer une composante interrégionale
au programme d’expansion du commerce sud-sud. Cinq (5) secteurs ou groupes de
produits présentant un potentiel à l’export/ import pour l’une ou l’autre région avaient été retenus
comme pouvant servir de vecteur à ce programme. Le tableau 17 en annexe résume les principaux
produits – codifiés à 4 ou 2 chiffres suivant le système harmonisé — ainsi retenus dans le cadre de la
présente étude.
B. Objetifs
La présente étude s’inscrit dans la perspective de contribuer au développement des échanges
commerciaux entre les deux (2) régions appartenant à un même espace culturel. Ainsi, les objectifs
qui lui sont assignés sont doubles à savoir :
•
Rendre disponibles les informations existant sur les opportunités d’affaires susceptibles de
booster les relations commerciales entre les deux sous-régions ;
•
Proposer une stratégie de promotion du commerce inter-régional pour permettre aux entreprises
des deux entités de se positionner par rapport aux opportunités ci-dessus relevées.
Dans cette perspective, l’étude comprend trois (3) parties à savoir :
1. Présentation de l’environnement économique et commercial de la CEMAC de manière à
permettre aux éventuels investisseurs d’apprécier :
-
La conjoncture macro-économique et socio politique des Etats de la sous-région;
-
Les dispositifs en vigueur au niveau sous-régional pour faciliter les activités
commerciales ;
-
Le niveau d’implication des Etats de la sous-région au commerce international,
notamment une revue des principaux accords commerciaux signés par la sous-région ;
-
La situation du commerce des états de la sous-région ;
2. Analyses des filières à fort potentiel pour le commerce intra-régional pour mettre en relief les
opportunités existant tant du côté de la demande que de l’offre et explorer les canaux sur
lesquels pourraient reposer une stratégie d’expansion du commerce entre les deux sous-régions.
3. Proposition d’une stratégie de promotion commerciale pour booster les échanges interrégionaux
et permettre à la sous-région de diversifier ses clients et fournisseurs, et de tirer le
plus de gains de la libéralisation des marchés et de la concurrence qui en découle.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 3 -
C. Méthodologie
La méthodologie retenue pour la réalisation de la présente étude peut se décliner en trois (3)
parties à savoir la démarche proprement dite pour la collecte et le traitement des informations, le
champ couvert par l’étude et la méthode utilisée pour calculer ou estimer les valeurs statistiques.
1. Démarche méthodologique
La méthodologie retenue pour la réalisation de cette étude est déclinée comme suit :
1. Etude documentaire : elle a consisté en la recherche des documents, ouvrages et publications
portant sur les aspects relatifs au commerce des pays de la CEMAC et de ceux des pays
asiatiques concernés par l’étude.
2. Analyses statistiques des données relatives aux échanges commerciaux de ces pays. Ces
analyses s’appuient sur les données collectées auprès des Institutions spécialisées (Banque
centrale, Ministère en charge de Commerce, Institut national de la statistique) des différents
pays.
3. Interviews ou notes information collectées auprès des administrations techniques impliquées
dans le développement du commerce au niveau de chaque Etat de la Communauté.
2. Champ couvert par l’étude
Dans la présente étude, le commerce total des marchandises est défini selon le système du
commerce général, qui enregistre tous les mouvements de marchandises à l’entrée et à la sortie d’un
pays ou d’un territoire, y compris le trafic des entrepôts en douane et des zones franches. Il
comprend toutes les marchandises qui augmentent ou diminuent les stocks de ressources matérielles
d’un pays en entrant (importations) sur le territoire économique de ce pays ou en sortant
(exportations). L’étude n’aborde pas le commerce des services.
Encadré 1 : Méthodologie utilisée pour le calcul ou l’estimation des statistiques du commerce des
différents pays
Dans toute l’étude, les données qui ont servi de base aux analyses couvrent la période 2001-2005. Elles ont
été obtenues auprès des institutions officielles de chaque pays sous leur forme brute (codification SH à 6
chiffres) ou plus ou moins agrégée.
Les valeurs sont libellées en Fcfa ; Elles ont été converties en dollar US ($) en prenant le taux moyen annuel
du dollar US par rapport au Fcfa de chaque année couverte par l’étude.
Le tableau ci-dessous résume les taux de conversion des devises locales en dollar US utilisés dans toute
l’étude.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 4 -
Tableau 1 : Evolution des valeurs moyennes du FCFA par rapport au dollar US
Valeur moyenne de
l’euro en $
Valeur moyenne
du Fcfa en $
2001
0,89562953 731,987926
2002
0,94557373 693,325102
2003
1,13116039 579,572981
2004
1,24390232 527,042993
2005
1,24409027 526,963368
2006
1,25559882 522,133334
Source : Calculs réalisés sur la base des données quotidiennes de la Banque de France
Pour l’agrégation de certaines données au niveau régional, il a fallu procéder à des estimations des données
incomplètes (notamment celles relatives aux importations des pays de la CEMAC autres que le Cameroun).
Nous avons fait l’hypothèse selon laquelle les importations des produits de consommation courante (riz,
moto cycles, gadgets électroniques, produits vestimentaires, etc.) dépendent du revenu par habitant que nous
avons estimé par le ratio PIB/hab.
Au final, les importations de chaque pays ou de la sous-région s’obtiennent par pondération par le poids de
leur PIB au niveau sous-régional. La formule ci-dessus permet de calculer les importations de la sous-région
à partir des données disponibles sur le Cameroun :
Importation (CEMAC) = [Rev/Hab (CEMAC) * Importation (Cameroun)]/ Rev/Hab (Cameroun)
Ou encore
Importation (CEMAC) = [PIB/Hab (CEMAC) * Importation (Cameroun)]/ PIB/Hab (Cameroun)
3. Repères
Encadré 2 : La CEMAC en Bref…
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, a été instituée par le Traité de
Ndjamena (16 mars 1994), comme le prolongement de l’union monétaire, douanière et économique
entre les six états membres. Elle a pour vocation de compléter la coopération monétaire par la
constitution d’un espace économique unifié, fondé sur l’harmonisation graduelle des politiques
économiques et de l’environnement juridique.
Par rapport à ces objectifs, beaucoup d’efforts ont été accompli
notamment l’adoption des
dispositions sur la libre circulation, en franchise totale des droits et taxes d’entrée pour les produits
industriels, de l’agriculture, de l’élevage et de l’artisanat, l’harmonisation du droit des affaires, du
code des assurances, l’adoption d’une Charte des investissements communautaire, etc.
La CEMAC actuellement, c’est un marché en expansion de 35 millions d’habitants avec un
PIB/Hab de $ 2.000.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 5 -
Localisation
Etats membres
Les Etats membres
Cameroun
Superficie
Capitale
Population
PIB / Hab
Taux de croissance en 2006
Taux d’inflation en 2006
Chef de l’Etat
475 442 Km2
Yaoundé
16,3 millions
$ 1.000
+ 3,7%
+ 2,8%
S.E Paul Biya
Congo
Superficie
Capitale
Population
PIB / Hab
Taux de croissance en 2006
Taux d’inflation en 2006
Chef de l’Etat
341821 Km2
Brazzaville
3,9 millions
$ 1.400
+7,9%
+3,6%
S.E. dénis Sassou
Nguesso
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- 6 -
Gabon
Superficie
Capitale
Population
PIB / Hab
Taux de croissance en 2006
Taux d’inflation en 2006
Chef de l’Etat
267 667 Km2
Libreville
1,3 million
$ 5.000
+ 3 %
2%
S.E. Omar Bongo
Guinée Equatoriale
Superficie
Capitale
Population
PIB / Hab
Taux de croissance en 2006
Taux d’inflation en 2006
Chef de l’Etat
28 050 Km2
Malabo
1 million
$ 7.500
8,2%
5 %
S.E. Théodoro
Obiang Nguema
République Centrafricaine
Superficie
Capitale
Population
PIB / Hab
Taux de croissance en 2004
Taux d’inflation en 2006
Chef de l’Etat
623 000 Km2
Bangui
4 millions
$ 250
3 %
3,8%
S.E. François Bozizé
Tchad
Superficie
Capitale
Population
PIB / Hab
Taux de croissance en 2006
Taux d’inflation en 2006
Chef de l’Etat
1 284 000 Km2
Ndjamena
7,8 millions
$ 320
4 %
-7,3%
S.E. Idriss Déby
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III. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE ET COMMERCIAL DES
PAYS DE LA CEMAC
A. Situation macro-économique
Dans cette première partie, nous présenterons l’environnement macro-économique et commercial
des pays d’Afrique centrale. L’accent sera mis sur trois (3) volets à savoir :
•
La situation macro-économique des pays de la sous-région, avec une attention particulière sur
l’évolution des agrégats tels que le taux de croissance du PIB, le pouvoir d’achat, et le niveau de
la demande/ consommation;
•
Les dispositifs mis en place (notamment la politique commerciale dans son ensemble avec un
accent sur les dispositions légales, les conditions d’accès aux marchés, la réglementation de
change, les accords commerciaux en vigueur ou en cours de négociation et leurs impacts sur les
économies des pays de la sous-région) pour faciliter et développer le commerce avec
l’extérieur ;
•
L’analyse des capacités d’offre et de demande de chaque pays, en insistant en particulier sur
l’évolution et la structure des exportations et des importations.
1. Evolution du PIB
Les pays d’Afrique Centrale ont connu sur la période sous revue une croissance relativement forte
(de +7,6% en moyenne), croissance tirée essentiellement par la demande externe suite à un
essoufflement des potentialités de croissance interne. Le PIB de la sous-région s’élève à $ 45,6
milliards en 2005 contre $ 21,6 milliards en 2001. De manière plus détaillée, la croissance de la
sous-région a connu des paliers variables, bénéficiant du dynamisme des économies du Tchad (+
36%), de la Guinée Equatoriale (+ 30%), et du Cameroun (+4%). Dans la deuxième catégorie on
retrouve le Congo avec + 3,5%. Après avoir émergé d’une phase de déprime en 1999-2000, les
résultats du Gabon sont encore mitigés vu qu’en 2004, le pays a connu une légère croissance
(+1,6%) contre 2% en 2003. La République Centrafricaine s’est inscrite dans une perspective de
lente reprise (+3% en 2005 contre –7,7% en 2003) après une période de transition et une nouvelle
crise politico-militaire qui a compromis ses efforts.
A long terme, l’économie de la sous-région reste dépendante des perspectives de la production
pétrolière (mise en valeur des champs de Doba au Tchad, montée en puissance de la production en
Guinée Equatoriale). La sous-région se caractérise par une réduction importante des déséquilibres
macroéconomiques même si certains pays souffrent encore du poids élevé de la dette et de son
remboursement (Congo, Gabon et République Centrafricaine). L’effort de stabilisation entrepris par
la plupart des pays d’Afrique Centrale et suite à la reprise des activités économiques, on note une
relative remontée de l’inflation notamment en Guinée Equatoriale et au Congo.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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Figure 1 : Evolution du PIB en termes réels dans les pays d’Afrique Centrale
9,65
2,80
4,72
1,70
0,96
1,71
21,54
10,94
3,04
4,88
2,10
1,02
2,00
23,98
13,75
3,50
5,95
2,84
1,17
2,73
29,94
15,77
4,36
7,12
4,63
1,31
4,42
37,60
16,64
5,94
8,55
7,13
1,42
5,86
45,55
0,00
5,00
10,00
15,00
20,00
25,00
30,00
35,00
40,00
45,00
50,00
En $ milliards
2001 2002 2003 2004 2005
Cameroun Congo Gabon Guinée Equatoriale RCA Tchad CEMAC
2. Aperçu sur les secteur d’activités
Le profil de la croissance en Afrique Centrale reste par conséquent fondamentalement marqué par
les activités pétrolières et l’agriculture. Cette dernière est de nature extensive et sa productivité reste
faible. Ce profil particulier permet de ressortir les enjeux du développement de l’Afrique Centrale.
Le premier est en rapport avec la diversification des sources de la croissance du fait de la forte
dépendance des sources actuelles des fluctuations des cours mondiaux du pétrole et des activités de
rente. D’un autre côté, l’intensification de l’agriculture et l’accroissement de la productivité restent
un sujet de préoccupation majeure dans les différents pays de la sous-région.
(a) Secteur agricole
Le secteur agricole occupe une part importante de la main d’oeuvre rurale et assure
l’approvisionnement alimentaire à plus de la moitié de la population des pays d’Afrique Centrale. Il
génère environ un tiers des recettes en devises, 15% des ressources budgétaires et contribue pour
32% aux exportations. Les cultures vivrières enregistrent une hausse de production ; En revanche, la
production des cultures de rente (coton, cacao et café notamment), se tasse, à cause de la faible
utilisation des intrants agricoles par les planteurs, et surtout de l’abandon progressif de cette
activité par les paysans au profit des cultures vivrières plus rémunératrices.
•
Elevage
Le cheptel devrait augmenter au niveau de la sous-région et dans chacun des trois (3) pays
traditionnellement impliqués dans l’élevage : Tchad, Cameroun et RCA. Le Tchad qui a toujours
occupé une place prédominante dans ce domaine compte en 2006 près 20 millions de têtes.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 9 -
•
Sylviculture
Les activités sylvicoles sont stagnantes dans la zone ; Cette situation s’explique par la déprime du
marché mondial du bois, le faible volume des exportations du Cameroun suite à la réforme du
secteur qui a conduit à la délocalisation de certaines entreprises vers le Congo voisin, et la
stagnation des activités de ce secteur en République Centrafricaine, au Gabon et en Guinée
Equatoriale.
(b) Secteur secondaire
La contribution moyenne de ce secteur à la croissance du PIB se situe autour de 2,6%. Le secteur
des industries extractives y participerait à hauteur de 1,2%. Par contre, la contribution des industries
manufacturières tout comme celle de la filière BTP serait assez faible, de l’ordre respectivement de
0,7% et 0,6%. Les industries manufacturières soutiennent la croissance grâce notamment à la
production des unités de transformation de bois dans tous les pays producteurs, la réhabilitation des
outils de production des entreprises industrielles et la vigueur des activités dans les branches
alimentaires au Cameroun (chocolaterie, minoterie, sucrerie, huilerie). Les activités du BTP ont
connu un nouvel élan. Les effets de dotations budgétaires allouées aux constructions et aux
réhabilitations des infrastructures de base sont perceptibles dans le plupart des pays de la sousrégion.
(c) Secteur tertiaire
Les services marchands (commerce, transport et autres services) sont le principal moteur de la
croissance avec une contribution positive moyenne de 1,8%. Par contre, la contribution des services
non marchands ne serait que de 0,9%. Au niveau de ces services marchands, il est à remarquer une
nouvelle impulsion dans la sous-région avec la poursuite de la réhabilitation des infrastructures
routières, la restructuration des activités maritime, portuaire, aérienne et ferroviaire et le développement
des activités liées aux nouvelles technologies de la communication (informatique, Internet) et
l’expansion de la téléphonie cellulaire.
3. Consommation
Avec un peu plus de 35 millions d’habitants et un PIB/Hab d’environ $ 2.000, la CEMAC se
présente aujourd’hui comme un marché en expansion. Depuis 2002, la croissance est tirée par la
demande, notamment privée et extérieure. Sur la période sous revue, la consommation finale est en
forte hausse de près de 38%, passant de $ 18,6 milliards en 2001 à $ 25 milliards en 2005. Elle fait
suite à la hausse du pouvoir d’achat des ménages qui s’explique par la création d’emplois ( dans les
grands travaux d’exploration pétrolière et de réhabilitation des infrastructures routières), la hausse
des salaires dans certains secteurs d’activité, la fermeté des prix des produits vivriers. Sur les
marché intérieurs, des tensions inflationnistes sont relâchées, suite aux bonnes récoltes qui ont
amélioré l’offre en produits alimentaires.
Les investissements bruts représentent près de 32% du PIB de la zone CEMAC, un niveau assez
élevé dû en partie aux investissements réalisés ces dernières années en Guinée Equatoriale et au
Tchad, dans l’acquisition de plate-formes et à l’exploitation de nouveaux gisements. La contribution
des investissements publics à la croissance est assez significative. Des allocations budgétaires ont
été consacrées à quelques travaux d’infrastructures telles que les réhabilitations des établissements
dans les secteurs de l’éducation et la santé, ou encore dans le développement des réseaux électriques
et hydrauliques, des télécommunications, et des sites aéroportuaires et portuaires ou la remise en
état des réseaux routiers et ferroviaires vétustes ou fortement endommagés.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 10 -
Tableau 2 : Evolution des dépenses de consommation en zone CEMAC (en $ milliards)
2001 2002 2003 2004 2005
Consommation finale
13,36 15,16 19,06 15,77 24,99
Publique
1,93 2,20 2,46 1,31 3,23
Privée
11,43 12,96 16,60 4,36 21,77
Formation brute de capital fixe
7,24 7,53 9,46 7,12 2,28
Taux d’investissement (en %)
33,6 31,4 33,6 29,3
Source : Calculs réalisés à partir des données de la BEAC
4. Situattion socio-politique
Sur le plan social, des réformes sont en chantier dans certains domaines dont les plus cités sont :
•
l’amélioration des conditions de vie des ménages.
•
la décentralisation et la gouvernance locale ;
•
l’efficacité du système judiciaire avec l’harmonisation effective du droit des affaires.
Encadré 4 : Situation par pays
Les performances d’ensemble cachent des disparités au niveau des économies qui composent la
sous-région. La Guinée Equatoriale et le Tchad affichent par exemple des taux de croissance
largement supérieurs à la moyenne de la zone, alors que dans certaines économies la reprise est
relativement plus lente et dans une troisième catégorie, un enlisement est même à prévoir.
Cameroun
L’économie camerounaise connaît depuis bientôt une décennie une croissance soutenue tirée
essentiellement par la demande. Avec près de 16,5 millions d’habitants et un revenu par habitant
de $ 1.200, le marché camerounais est relativement important. En 2005 par exemple, la demande
intérieure se situait à $ 17,2 milliards donc $ 12,8 milliards pour la consommation et $ 4,4
milliards pour les investissements.
Le tissu industriel camerounais est le plus important de la sous-région. Il est assez diversifiée
même si le secteur pétrolier occupe toujours une place prépondérante. Les industries
manufacturières sont très diversifiées, elles sont confrontées à une rude concurrence parfois
déloyale (par la contrebande et la fraude) des produits importés
Congo
L’économie congolaise se porte relativement bien. Le taux de croissance en 2005 était de 8,5%,
une hausse en partie due aux cours favorables du pétrole et à la vigueur des industries
manufacturières. Les branches de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche sont très peu
développées. Il en est de même du secteur manufacturier qui ne compte que quelques entreprises
dans les secteurs brassicole, sucrier, gazier, et de fabrication des matières plastiques. Le secteur
pétrolier domine l’économie ; La production de pétrole brut a augmenté de 12,5% pour se fixer à
12,6 millions de tonnes en 2005.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 11 -
Avec près de 4 millions, le Congo est un marché assez important. Le PIB par habitant se situe
autour de $ 2.094 et la demande finale à près de $ 1.400 millions, dopée par la relance des grands
chantiers publics.
Gabon
L’économie gabonaise se porte bien avec un taux de croissance de 3% en 2005 contre 1,4% en
2004, reflétant des résultats positifs dans les secteurs de la sylviculture, des industries
manufacturières, du bâtiment et des travaux publics ainsi que des autres services. Cependant, le
tissu industriel est encore très faible, l’économie est dominée par l’exploitation pétrolière et
minière et dans une moindre mesure par la transformation du bois. La production de pétrole brut a
régressé de 1,5% pour se situer à 13,3 millions de tonnes en 2005. En revanche, dans le domaine
minier, la production de manganèse a progressé de 12% pour s’élever à 2,8 millions de tonnes en
2005, induite par la montée en régime du site de production à la suite de nouveaux
investissements.
Le Gabon est l’un des pays les plus riches du continent : avec environ 1,2 million d’habitants et un
PIB par habitant de $ 6.877, la demande intérieure s’élève à $ 5,52 milliards dont 3,65 milliards
pour la consommation intérieure.
Guinée Equatoriale
La Guinée Equatoriale continue d’afficher de très bons résultats sur le plan macro-économique : le
taux de croissance a atteint 8,3% en 2005 contre 29,4% en 2004. Ce ralentissement traduit la
décélération du rythme de progression de la production de pétrole brut. Cependant, la filière des
hydrocarbures reste le principal moteur de la croissance et de l’économie nationale, avec une
hausse de 3,4% pour se fixer à 18,2 millions de tonnes en 2005 contre une hausse de 32,3% un an
auparavant. Dans le secteur secondaire, l’industrie gazière se développe de manière considérable et
compte désormais parmi les plus importantes du pays après l’exploitation pétrolière, la production
de méthanol s’est accrue de 20,5% se situant à 1 377 200 tonnes métriques. Le BTP est en essor
consécutivement aux grands chantiers lancés par les pouvoirs publics.
Avec environ 1 million d’habitants et un PIB par habitant de $ 8.962, la Guinée Equatoriale est
devenue depuis une décennie un eldorado à la suite du boom pétrolier des années 90. Le pays est
pratiquement en plein chantier, ce qui a dopé la demande intérieure qui se situait en 2005 à $ 3,5
milliards.
République Centrafricaine
La Centrafrique est parmi les pays les plus pauvres du monde. Avec 3 millions d’habitants et un
PIB par habitant de $ 376, le marché est très étroit. L’économie se remet péniblement des crises
politiques qui ont secoué le pays depuis une décennie. La demande intérieure est très faible, de
l’ordre de $ 1,4 milliard.
Le taux de croissance en terme réel de l’économie centrafricaine a régressé de 3,5% en 2004 à
2,8% en 2005 ; Une décélération de l’activité économique imputable à un ralentissement des
activités dans les secteurs des cultures de rente, de l’élevage et de la sylviculture. Dans le secteur
secondaire où l’activité est quasiment réduite à l‘exploitation des diamants, dont la production se
situe autour de 380.000 carats. Les industries manufacturières sont très peu nombreuses et plus
présentes dans l’exploitation forestière et la fabrication des boissons.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 12 -
Tchad
L’économie tchadienne est en pleine métamorphose depuis 2003 avec le début de l’exploitation
pétrolière. Les retombées du pétrole sont réinvesties dans les infrastructures et concourent à doper
la demande et à améliorer le niveau de vie des 7,5 millions d’habitants. Avec un PIB par habitant
de $ 791, le marché tchadien est aujourd’hui en expansion.
Depuis 2003, l’économie affiche des résultats très satisfaisants et des niveaux de croissance autour
de 20%. En dépit du redressement du secteur non pétrolier, le taux de croissance de l’économie
tchadienne s’est replié de 34,1% en 2004 à 8,5% en 2005 à cause de la stagnation de la production
pétrolière qui s’élève à 8,9 millions de tonnes. Dans le secteur primaire, la contribution de
l’agriculture à la croissance est redevenue positive de 2,4 points, grâce à une progression sensible
des produits vivriers, induite essentiellement par de bonnes conditions climatiques. L’élevage a
participé à la croissance pour 0,2 point, bénéficiant du bon état de pâturages et d’une couverture
zoo-sanitaire satisfaisante. Le secteur secondaire est peu développé et handicapé par un déficit
criard en énergie.
B. Dispositifs en vigueur en zone CEMAC pour faciliter le commerce
Dans ce paragraphe, nous passerons en revue l’ensemble des dispositifs en vigueur ou en cours de
négociations pour faciliter les échanges commerciaux des pays de la sous-régions notamment les
aspects pratiques de la politique douanière, la réglementation en matière de change, les accords
commerciaux avec les pays tiers, les infrastructures communautaires.
1. Mesures douanières
La CEMAC est une zone de libre échange depuis plus d’une décennie ; Les principales mesures
prises par les pays de la Communauté en matière de réforme du système douanier visent trois
objectifs majeurs à savoir :
•
La simplification des procédures et du système douanier pour décourager la contrebande et la
fraude, et se conformer à la réglementation internationale ;
•
L’adoption d’un régime douanier commun au sein de la sous-région et l’élimination des
distorsions pour l’égalité de traitement des entreprises en matière douanière ;
•
La facilitation des procédures de dédouanement.
(a) Simplification des procédures et du système douanier
En zone CEMAC, le Programme Général des Echanges (PGE) mis en place par la plupart des pays
consacre l’aboutissement du processus de libéralisation engagé depuis 1989. Il prévoit
d’importantes mesures libératoires pour les importations : l’élimination totale des restrictions
quantitatives et la suppression des licences d’importations. Ainsi et de manière générale, les pays de
la CEMAC n’utilisent plus les restrictions quantitatives comme moyen de protection de la
production locale ; les principales dispositions en matière d’importation sont les suivantes :
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 13 -
•
Les marchandises en provenance de tous les pays peuvent être importées librement sauf l’or qui
fait l’objet d’une réglementation particulière. Toutefois, certaines importations peuvent faire
l’objet d’interdiction, de restrictions ou être soumises à autorisation pour des raisons
humanitaires, de sécurité ou de santé.
•
Toutes les importations doivent être déclarées à des fins statistiques et celles portant sur un
montant supérieur à 2 millions de francs CFA (environ $4.000) doivent en outre être domiciliées
auprès d’un intermédiaire agréé du pays de l’importateur.
•
Pour les marchandises en transit, les transactions doivent également être domiciliées auprès
d’un intermédiaire agréé du pays de l’importateur.
•
L’autorisation des autorités compétentes pour l’importation des marchandises soumises à
restriction pour des raisons de sécurité ou de santé donne droit à l’importateur d’acheter les
devises nécessaires.
•
Les règlements des importations supérieures à Fcfa 100 millions (environ $ 20.000) doivent
faire l’objet d’une vérification renforcée en plus du contrôle de documents justificatifs.
•
Enfin, la réforme supprime toutes les mesures de contingentement.
(b) Adoption d’un régime commun au sein de la sous-région et l’élimination des distorsions pour
l’égalité de traitement des entreprises en matière douanière
Pour marquer la préférence communautaire des produits industriels de la sous-région par rapport
aux produits en provenance des pays tiers, le nouveau tarif douanier en vigueur en zone CEMAC
comporte le Tarif Extérieur Commun (TEC) qui comporte quatre (4) taux correspondant à quatre
catégories de marchandises.
Le
Tarif Extérieur Commun (TEC) comprend un droit de douane à l’importation et une surtaxe
temporaire. Les taux de droits de douane applicables aux produits des pays tiers importés dans la
CEMAC sont fixés comme suit :
Tableau 3 : Tarif douanier simplifié, en vigueur en zone CEMAC
Type de produit Taux de droit
de douanes
(%)
Catégorie I
Biens de première nécessité 5
Catégorie II
Matières premières et bien d’équipement 10
Catégorie III
Biens intermédiaires et divers 20
Catégorie IV
Biens de consommation courante 30
Ainsi, les produits importés par la CEMAC et concernés par la présente étude sont soumis aux taux
suivants : riz (5%), textile et habillement (10% pour les fils et tissus, et 30% pour les produits finis
tels que habits et chaussures) ; motocycles et gadgets électroniques (30%).
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 14 -
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt sur la consommation qui frappe à égalité et au
même taux les produits, qu’ils soient importés ou fabriqués localement. Son taux est compris entre
une fourchette de 15 et 20%. La base imposable à la TVA en ce qui concerne les importations est
obtenue en ajoutant à la valeur imposable telle qu’elle est définie dans le Code de Douanes de la
CEMAC, le montant du droit de douane et du droit d’accise. Pour l’introduction sur le territoire
d’un Etat membre, elle est constituée par la valeur sortie usine, et des frais d’approches.
Le droit d’accise est un droit à caractère fiscal qui frappe à égalité et au même taux certains biens,
qu’ils soient importés ou fabriqués localement, et dont la liste et le taux sont fixés par chaque pays.
Sa base imposable en ce qui concerne les importations est établie en ajoutant à la valeur imposable,
le montant du droit de douane. Pour l’introduction sur le territoire d’un Etat membre, elle est
constituée par la valeur sortie usine, et des frais d’approche.
Pour terminer au niveau de la réforme douanière, la valeur imposable de la marchandise est sa
valeur transactionnelle telle que définie par l’OMC, c’est-à-dire la valeur correspondant au prix
réputé pouvoir être fait pour ces marchandises lors d’une vente effectuée dans des conditions de
pleine concurrence entre un acheteur et un vendeur indépendant l’un de l’autre. Cependant, du fait
de la complexité de cette méthode, certains pays appliquent encore l’ancienne méthode dite de
Bruxelles.
(c) Facilitation des procédures de dédouanement
La facilitation des procédures de dédouanement a été amorcée au Cameroun avec la création d’un
guichet unique pour les opérations du commerce extérieur. Cette initiative qui vise à réduire les
délais de dédouanement des marchandises à l’import et à l’export, sera progressivement étendue
dans les autres pays. L’autre mesure phare est l’informatisation du système douanier par
l’introduction de SYDONIA qui est désormais effective dans cinq (5) des six (6) pays de la sousrégion.
Cette mesure est de nature à uniformiser les procédures de dédouanement au niveau de la
sous-région.
Dans ce volet relatif à la facilitation des échanges, les Etats de la Communauté pêchent encore sur
certains aspects importants notamment la libre circulation des marchandises au sein de l’espace
communautaire, du moins la réduction du nombre de contrôles et de tracasseries le long des
corridors routiers, le respect des engagements concernant les règles d’origine et l’harmonisation
d’une réglementation des activités de transit.
2. Réglementation en matière de contrôle de change
Les pays de la CEMAC partagent une même monnaie, le Franc de la Communauté Financière
Africaine (Fcfa) arrimé à l’Euro à un taux fixe. Le contrôle du commerce extérieur et des changes
est constitué par l’ensemble des mesures réglementant les échanges de marchandises et de capitaux
entre le territoire douanier de la CEMAC et les pays étrangers. Ces mesures relèvent de la
compétence des autorités des Etats membres de la Communauté. Ainsi, les importations de toutes
origines de certains produits et marchandises sont soumises à l’autorisation des services du
commerce extérieur. Concrètement :
•
La réglementation des changes de la Zone BEAC ne prévoit pas de restriction sur les
transactions portant sur les marchandises et les services.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 15 -
•
Toutes les dépenses de services doivent être déclarées et celles portant sur un montant supérieur
à Fcfa 2 millions (environ $ 4.000) doivent en outre être domiciliées auprès d’un intermédiaire
agréé résident.
•
Toutes les transactions avec l’étranger liées aux marchandises /services, revenus et dons
ordinaires doivent être déclarées aux autorités administratives compétentes et toutes celles d’un
montant supérieur à Fcfa 2 millions (environ $ 4.000) doivent être domiciliées auprès d’une
banque agréée de la zone d’émission.
•
Les montants dus par des non-résidents au titre de services et tous les revenus d’actifs étrangers
réalisés hors de la zone d’émission doivent être recouvrés dans les 3 jours suivant la date
d’exigibilité, sauf dérogation accordée par le Ministère chargé des finances. Si ces montants
sont perçus en devises, ils doivent être rétrocédés au plus tard 30 jours après la date de
réception, sauf dérogation accordée par le Ministère chargé des finances.
3. Niveau d’implication des Etats de la sous-région au commerce international
Les pays de la CEMAC participent pleinement au commerce international ; A l’exception de la
Guinée équatoriale, tous les autres pays sont signataires des accords de Marrakech (i.e membres de
l’OMC) qui régissent actuellement le commerce mondial.
Au plan bilatéral, les pays de la CEMAC, à l’instar des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique
(ACP) entretiennent des relations privilégiées avec l’Union européenne depuis 1975 dans le cadre
d’une succession d’accords dont le dernier en date est celui de Cotonou signé en 2000. Ce dernier
poursuit le régime d’aide traditionnel, mais prévoit un changement majeur sur les échanges à venir
entre les deux communautés, en réaction aux règles de l’OMC. Cet accord prévoit comme option,
bien que n’étant pas la seule, la création d’un accord de partenariat économique (APE) d’ici 2008,
ce qui exige des pays ACP entre autres, la libéralisation de leurs importations vers l’Union
européenne afin de se conformer à l’article XXIV des accords de l’OMC.
Selon les propositions de la Commission européenne, de 2010 à 2032, 75 pour cent des produits
ACP devraient être visés par l’offre d’accès au marché de l’Union européenne et les 25 pour cent
restant exclus. La libéralisation tarifaire serait gelée pendant 2 ans, le processus de démantèlement
des droits tarifaires devant tenir sur 14 à 24 ans pour certains produits jugés sensibles par la
Communauté. Même si la CEMAC a appelé à d’autres périodes de transition plus longues, force est
de reconnaître que cet accord va permettre une plus grande percée des produits européens sur les
marchés africains et les rendre plus compétitifs comparés aux produits d’autres régions.
Sur un autre plan, les pays de la sous-région sont éligibles à la loi américaine sur la croissance et les
possibilités économiques en Afrique (AGOA), qui donne un accès privilégié aux produits
originaires de la sus-région. Cette loi a comme particularité de favoriser les investissements dans les
pays bénéficiaires en vue d’exporter vers les Etats-Unis en franchise des droits de douane.
4. Etat des infrastructures de transport
L’amélioration des infrastructures de la sous-région est parmi les actions prioritaires des autorités
en charge du processus d’intégration en Afrique centrale.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 16 -
(a) Transport maritime
Comme dans les autres sous-régions d’Afrique, le transport maritime en Afrique Centrale a été
essentiellement marqué dans les années 1990, par une politique de libéralisation. A l’heure actuelle,
80 à 85 % du commerce extérieur de l’Afrique sont transportés par des bateaux étrangers.
Tous les pays côtiers de la sous-région sont dotés de ports maritimes. Le Congo dispose d’un port
en eaux profondes à Pointe Noire, ainsi que d’un port pétrolier. Le Cameroun compte trois (3) ports
maritimes à Kribi, Limbé et Douala. Le port de Douala à lui seul polarise plus de 98% du trafic
national ; il a un impact important sur l’intégration sous-régionale car par là que transitent
l’essentiel des produits d’exportation et d’importation des pays sans littoral tels que le Tchad et la
Centrafrique. Au Gabon, on dénombre plusieurs installations portuaires à Libreville (un port
commercial, un port grumier et un port de pêche) et à Port Gentil (le port en eaux profondes pour le
pétrole et le bois, le port de pêche, le quai des marchandises diverses et la réparation navale).
Il faut prévoir près de $ 4.000 pour le transport d’un conteneur de 20 pieds et $ 6000 pour un de 40
pieds entre l’Asie et l’Afrique centrale ; le voyage dure en moyenne un mois et demi ou deux mois.
Les principaux transitaires et armateurs du monde sont présents dans la sous-région notamment les
groupes Maersk, Safamarine, Saga, etc.
(b) Transport aérien
Dans la sous-région, on compte 10 aéroports de classe internationale dont les infrastructures sont en
mesure de recevoir des avions gros porteurs (3 au Cameroun, 2 au Congo et au Gabon, 1 en
République Centrafricaine, au Tchad, en Guinée Equatoriale). Comparés aux trafics, les
installations aéroportuaires ont des capacités suffisantes.
A partir de Douala et Yaoundé au Cameroun, de Libreville au Gabon ou Brazzaville au Congo,
Ethiopian et Kenya Airways assurent les liaisons avec l’Asie du sud-est (en particulier la Chine, la
Thaïlande, Hong-Kong) à des prix très compétitifs. Les capitales de la sous-région sont reliées à
l’Europe par des compagnies européennes ou africaines (Air France, Brussels Air, Swiss Inter,
Royal Air Maroc, Cameroon Airlines), à des fréquences variables (quotidien ou hebdomadaire)
suivant les pays, mais également par des vols réguliers.
(c) Transport terrestre
A très moyen terme, les pays de la CEMAC achèveront un projet dont l’impact sera considérable
pour le rapprochement des marchés : celui d’interconnecter les différentes capitales par un réseau
routier de qualité. Actuellement, le Cameroun est reliée par un réseau routier de qualité aux autres
pays.
C. Evolution des flux commerciaux
Les pays de la CEMAC sont relativement bien impliqués dans le système commercial international
même si leurs échanges sont encore dominées (à l’export) par des produits bruts. Par conséquent
leurs revenus sont encore exposés aux fluctuations des marchés internationaux. D’une manière
générale, le solde commercial de la CEMAC est largement excédentaire et en forte hausse (de
l’ordre de $ 10 milliards), de plus de 40% depuis 2004, du fait de la hausse des prix du pétrole.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 17 -
1. Importations
En 2005, les importations de la sous-région s’élèvent à $ 9.079 millions, en hausse de 20% par
rapport à l’année 2004. En cinq (5) ans, ces importations ont presque doublé, suite au boom
pétrolier en Guinée Equatoriale et au Tchad. L’essentiel de ces importations provient des pays tiers
notamment des pays de l’Union Européenne (France, Espagne, Belgique) et d’Asie notamment de
Chine.
Tableau 4 : Evolution globale des importations des pays de la CEMAC (en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Cameroun 1 807,1 1 806,0 2 157,5 2 586,0 2 789,8
Centrafrique 107,1 120,9 117,8 148,2 171,3
Congo 927,3 925,6 1 026,4 1 114,6 1 416,3
Gabon 1 141,6 1 141,6 1 189,2 1 280,2 1 472,4
Guinée Equatoriale 810,1 509,8 1 238,1 1 570,6 2 111,0
Tchad 516,1 1 491,2 778,6 861,3 1 118,2
TOTAL 5 309,3 5 995,1 6 507,6 7 560,9 9 079
Sources : BEAC
Plus en détails, les évolutions ci-après (Cf tableaux 18 -23 en annexe) ont été observées pour
chacun des pays de la CEMAC
Cameroun
Les importations se sont accrues de 10,1% pour se situer à $ 2.790 millions en 2005, tirées
notamment par les achats de produits pétroliers et dans une moindre mesure, par les acquisitions des
biens de consommation des ménages. Les importations sont dominées par les biens intermédiaires
(des entreprises en regain d’activités), les biens de consommation et les biens d’équipement.
Congo
Les importations ont augmenté de 27% pour se fixer $ 1.416 millions en 2005, (contre $ 1.114,6
millions en 2004), en relation avec le relèvement des dépenses du secteur pétrolier et du secteur
public. Le principal poste concerne les machines électriques et mécaniques (27%) suivi des produits
alimentaires (20 %).
Gabon
En 2005, les importations ont augmenté de 15% pour s’élever à $ 1.470 millions, du fait de la
fermeté des commandes des secteurs de l’industrie et du commerce ainsi que de la filière pétrolière.
Compte tenu de l’exiguïté des industries de transformation et de l’agriculture, les importations
concernent essentiellement les produits ouvrés (alimentation, biens de consommation) et les biens
d’équipement.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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Guinée Equatoriale
Les importations ont atteint $ 2.111 millions en 2005, soit un relèvement de 34,4% par rapport à
2004 ; Une hausse imputable aux commandes importantes des secteurs pétrolier et public.
République Centrafricaine
Les importations ont progressé de 15,6% pour atteindre $ 171,35 millions en 2005 contre seulement
$ 148 millions l’année précédente. Cette hausse est consécutive à l’accroissement des dépenses au
titre du programme d’investissement public, à la réhabilitation des infrastructures routières et à
l’exécution des projets sociaux prioritaires. Les importations concernent une large gamme de
produits (mais en quantité peu importante) : produits agroalimentaires et biens manufacturés.
Tchad
Les importations se sont accrues de 29,8% pour se fixer à $ 1.122,5 millions, en relation
principalement avec le regain des chantiers du secteur pétrolier. Les importations sont pour près des
2/3 concentrées dans les secteurs liés à la construction de l’oléoduc devant relier les zones
d’extraction au terminal portuaire de Kribi au Cameroun. Le secteur non-pétrolier participe pour
15% aux achats extérieurs du Tchad, en progression constante depuis le lancement du programme
pétrolier (+38% en 2 ans) semblant annoncer un décollage de la consommation.
2. Exportations
Essentiellement productrices de matières premières, les économies de la CEMAC sont tributaires
des fluctuations des cours de ces matières sur les marchés internationaux. Les exportations sont
concentrées autour d’une douzaine de produits dont le taux de transformation à l’échelle locale est
encore faible. Le ratio Exportation/PIB de la zone se situe à 54 % en 2005 contre 46 % en 2001.
Suivant ce ratio, on peut répartir ces pays en trois (3) catégories :
•
Les économies extraverties (Congo, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad) dont les exportations
représentent plus de 50% du PIB, mais ne reposent que sur un seul produit.
•
Une économie assez dynamique : le Cameroun qui, bien qu’étant grand exportateur de produits
primaires, dispose néanmoins d’une base de produits exportables assez diversifiée.
•
Une économie à très faibles capacités (RCA) dont les exportations représentent moins de 10%
du PIB.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 19 -
Figure 2 : Evolution du ratio exportation/PIB au niveau de la sous-région
0,00%
20,00%
40,00%
60,00%
80,00%
100,00%
120,00%
Exp/PIB
Cameroun Congo Gabon Guinée Eq RCA Tchad Ensemble
CEMAC
2001 2002 2003 2004 2005
En détails (Cf tableaux 24 –29 en annexe), la structure des exportations de chaque état se présente
de la manière suivante :
Cameroun
Six (6) produits principaux représentent environ 83% des exportations du Cameroun, reflet de la
structure de l’économie : offre limitée correspondant à une industrie peu développée, secteur
primaire prépondérant, soumis aux fluctuations des cours mondiaux et aux aléas climatiques. Ces
principaux produits d’exportation sont le pétrole (38%), le bois (21%), le cacao (9%), le café (7%),
l’aluminium (6%) et le coton brut (6%). En 2005, les exportations ont atteint $ 2.985 millions
(représentant 18% du PIB), soit un accroissement de 16,6% par rapport à 2004.
Congo
Le Congo exporte principalement du pétrole (88 % du total des exportations) et du bois (8 %). Avec
0,4% du total des exportations, le sucre est de loin le troisième produit d’exportation. Cette forte
dépendance à l’égard d’un seul produit constitue un facteur de risque important en ce sens que
l’équilibre extérieur du pays est instable. En 2005, les exportations du Congo se sont établies à $
4.714 milliards en 2005 (représentant 79,4% du PIB), en hausse de 37,9% par rapport à 2004, en
raison principalement de l’augmentation des ventes de pétrole brut (92,5% du total), consécutive à
la bonne tenue des cours mondiaux conjuguée à une hausse des volumes exportés.
Gabon
Le Gabon exporte essentiellement trois produits : le pétrole (80%), les bois tropicaux (12%)
structurellement en progression avec le développement de la valorisation locale, et le manganèse
(3%). En 2005, les exportations gabonaises se sont situées à $ 5.599,5 millions (soit 65% du PIB),
en hausse de 34% par rapport à 2004, en raison essentiellement de la progression des ventes de
pétrole brut (83,2% du total).
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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Guinée Equatoriale
Les exportations de la Guinée Equatoriale dépendent essentiellement du pétrole et du bois (plus de
98 % du total). L’importance du bois décline cependant au profit du pétrole. En 2005, les
exportations ont progressé de 55,9% par rapport à 2004, se chiffrant à $ 7.143 millions (soit près de
100% du PIB), en rapport principalement avec un accroissement sensible des ventes pétrolières
(92,1% du total).
République Centrafricaine
Les exportations sont très faibles et dominées par cinq (5) produits. Les diamants (42% des
exportations) et le bois (30%) constituent traditionnellement les trois quarts des recettes
d’exportation. Les autres postes d’exportation comprennent le coton (14%), le café (7%) et le tabac.
Ce qui confirme la fragilité structurelle de l’économie centrafricaine, économie primaire,
dépendante des produits de rente et une quasi-absence d’offre en biens industriels.
Tchad
Le Tchad exporte principalement trois (3) produits primaires : le pétrole (86,7% du total), le bétail
sur pied (7,4% des exportations), le coton-fibre (2%) et dans une moindre mesure la gomme
arabique (1%). En 2005, les exportations se sont établies à $ 3.035 millions (soit 51,8% du PIB), en
augmentation de 38,1% par rapport à 2004, grâce essentiellement à la forte hausse des ventes de
pétrole brut.
3. Echanges avec les pays francophones du Mékong
La CEMAC échange avec les pays asiatiques en général, mais très peu avec les pays francophones
du Mékong. En valeur, ces échanges sont de l’ordre de $ 70 millions, et ne concernent
principalement que le Vietnam, le Cameroun (75% des importations de la sous-région), le Gabon, le
Tchad et le Congo.
Tableau 5 : Evolution des importations du Cameroun, du Gabon et du Congo en provenance
du Vietnam (en $ million)
Origine Libellé des produits 2001 2002 2003 2004 2005
Vietnam Chaussures 0,01 0,07 0,07 0,05 0,19
Vietnam Machines, appareils et accessoires électriques 0,00 0,00 0,27 0,28 0,25
Vietnam Matières textiles et ouvrages en ces matières 0,00 0,00 0,23 0,00 0,03
Vietnam Produits du règne végétal — riz semi blanchi 1,13 0,17 3,63 23,08 62,20
TOTAL
1,15 0,26 4,80 23,77 62,86
Source : Calculs réalisés à partir des données des douanes camerounaises, gabonaises et congolaises
Certes les échanges sont faibles entre les pays de la CEMAC et ceux du Mékong, mais force est de
constater qu’en cinq (5), ils se sont développés de manière considérable même s’ils ne concernent
que le riz. A titre d’exemple, les importations du Cameroun sont passées de $ 1,15 million en 2001
à $ 42,63 millions en 2005. A l’export, le Cameroun et le Gabon vendent essentiellement du coton
brut et des déchets de fer et quelques feuilles de contre-plaqué. Les exportations sont par contre à la
baisse sur la même période. En valeur, elles se situent autour de $ 2 millions.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 21 -
Tableau 6 : Evolution des exportations du Cameroun en direction des pays du Mékong (en $
million)
Origine Libellé des produits 2001 2002 2003 2004 2005
Vietnam Coton, non cardé ni peigné 2,41 0,47 0,12 2,11 0,72
Vietnam Déchets et débris de fer ou d’acier étamés 0,00 0,00 0,00 0,10 0,77
TOTAL 2,41 0,47 0,12 2,21 1,49
Source : Calculs réalisés à partir des données des douanes camerounaises
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 22 -
IV. ANALYSE DES MARCHES POUR LES FILIERES A FORT
POTENTIEL POUR LE COMMERCE INTER-REGIONAL
Cette partie s’appuie sur les profils de la demande et de l’offre des deux sous-régions
4 et vise à
explorer les opportunités commerciales qui s’offrent aux investisseurs. Elle comprend trois (3)
composantes à savoir : (i) la sélection des filières présentant un potentiel commercial pour les deux
sous-régions ; (ii) l’analyse des profils de la demande de la CEMAC ; (iii) et l’analyse des profils de
l’offre de la CEMAC par rapport à ces opportunités commerciales.
A. Rappels sur la sélection des filières à fort potentiel pour le commerce
interrégional
Le choix des produits à fort potentiel pour le commerce inter-régional résulte des analyses
statistiques des flux commerciaux réalisées au niveau des différentes sous-régions. Ces analyses
permettent d’identifier les groupes de produits dont les performances à l’exportation et à
l’importation ont été dynamiques, stagnantes ou en déclin durant les cinq (5) dernières années pour
chacune des sous-région et d’en déduire les produits ou groupes de produits qui présentent des
opportunités significatives pour le commerce inter-régional.
Afin d’apprécier ces opportunités, il convient de croiser les importations et exportations les plus
significatives pour chaque sous-région (voir tableau de la page suivante) sur la période et de relever
les produits présentant un potentiel à l’export / import pour l’une ou l’autre sous-région. Il est
important de relever que les résultats de cette méthode sont en fait les complémentarités
commerciales qui peuvent être transformées en opportunités commerciales.
Enfin, il convient de relever certains produits qui ne font pas encore l’objet des exportations de la
part des pays de la CEMAC, et pour lesquels la sous-région recèle d’un potentiel important. Ce sont
par exemple : les minerais tels que le fer, le rutile, les produits de base pour les industries
chimiques. De même, du fait des délocalisations d’entreprises japonaises, taiwanaises et coréennes,
le Vietnam qui possède une main d’oeuvre qualifiée et bon marché dispose actuellement d’un
potentiel d’offre non négligeable en biens industriels, notamment les gadgets électroniques et les
motocycles. Ces produits peuvent concurrencer les produits d’origine chinoise en Afrique ; Ce qui
explique pourquoi ces produits ont été identifiés dans l’analyses des flux commerciaux comme
parmi ceux disposant d’un potentiel à l’export vers les pays africains dont les marchés sont moins
exigeants que ceux des pays développés.
4
Pour les pays asiatiques de la région du Mékong, l’auteur s’appuie sur les études statistiques de flux commerciaux réalisées
par le CCI.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 23 -
Tableau 7 : Principaux produits échangés par les deux sous-régions
CEMAC Pays francophones du Mékong
Exportations
Pétrole
Bois transformés et en grumes
Gaz (méthanol)
Produits pétroliers raffinés
Cacao
Manganèse
Bétail
Coton
Aluminium
Diamant
Caoutchouc
Café
Banane
Sucre
Intrants pour industries textiles
(coton, fils, etc.)
Huiles de pétrole raffinée
Pétrole brut
Biens d’équipements électriques
et mécaniques
Produits agricoles (tabac, sucre)
Produits miniers
Demi-produits (aciers, fer, etc.)
Matériels de transport
Engrais
Importations
Importations
Biens intermédiaires
Biens de consommation
Produits alimentaires (riz, blé,
préparations alimentaires, etc.)
Produits vestimentaires et chaussures.
Appareils électroniques
Matériels roulants, Véhicules à deux
roues
Biens d’équipement
Matériels électriques ou mécaniques
Matériels agricoles
Produits d’habillement et
chaussures
Café, thé, caoutchouc
Riz, poivre, noix de cajou
Métaux précieux (or)
Gadgets électroniques
Produits artisanaux
Exportations
Suivant cette démarche, il apparaît que les produits qui offrent les meilleures opportunités
commerciales intra-régionales (car la demande en ces produits est en partie satisfaite que par les
importations) sont respectivement :
•
A l’import, la sous-région pourrait acheter les produits alimentaires tels que le riz et les épices
(poivre, piments), les ouvrages en textile de toutes sortes, les gadgets électroniques, les
matériels agricoles et motocycles.
•
A l’export : le pétrole brut et raffiné, le bois transformé, le coton brut, les autres minerais
notamment le manganèse, l’aluminium, les diamants, les métaux (fer, acier).
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 24 -
B. Analyses de la demande
Pour ces différents produits à savoir : le riz, les produits en matières textiles et chaussures, les
gadgets électroniques et les matériels agricoles et motocycles, nous envisageons d’approfondir les
analyses de la demande ou de l’offre au niveau de la sous-région. L’analyse de l’offre sera étendue
aux produits qui ne font pas encore l’objet d’une réelle exportation, mais pour lesquels des
potentialités existent au niveau sous-régional ; Ceci dans l’optique de susciter de la part des
investisseurs asiatiques des initiatives pour tirer profit de ces opportunités qui pourraient s’offrir à
eux dans le cadre du programme initié par le CCI. Pour chaque produit, nous présenterons
successivement le potentiel que représente le marché sous-régional, nous décrirons le marché
(niveau de la demande, les réseaux de distribution) et enfin, tenterons d’esquisser une stratégie
commerciale pouvant permettre aux opérateurs asiatiques de s’implanter sur ce marché.
1. Riz (SH 10.04)
Le riz est l’aliment de base pour tous les pays de la sous-région. Il se présente sous plusieurs
gammes : riz paddy, riz semi-blanchi parfumé.
Potentiel
Avec un près de 35 millions d’habitants, la CEMAC représente un marché important pour le riz. Au
Cameroun par exemple, la consommation moyenne des ménages s’élève à près de $ 160 millions
5
par an. Sur cette base, on pourrait estimer à près de $ 400 millions le niveau de la consommation de
riz en zone CEMAC.
Marché
Si le niveau de la consommation peut être jugé satisfaisant, tel n’est pas le cas en ce qui concerne
les capacités d’offres. En effet, sur la base des statistiques de la BEAC, la production de riz paddy
de la sous-région
6 se situe autour de 240.000 tonnes, ce qui semble très insuffisant au regard de la
demande. De ce fait, la demande de riz est pour l’essentiel satisfaite par les importations
Suivant nos estimations, la CEMAC importe pour près de $ 375 millions de riz. Ce marché est en
forte expansion – de $ 108 millions en 2001, les importations ont plus que triplé en cinq ans pour
passer à $ 375 millions en 2005 — du fait de la croissance démographique, plus particulièrement de
l’exode rural que connaissent les principales villes de la sous-région suite au regain des activités
(relance des grands travaux, expansion des activités informelles, etc.) dans les centres villes. Le
potentiel de demande du riz, principale céréale consommée dans les villes africaines, est donc très
important au niveau de la sous-région. Une opportunité concrète pour le Vietnam, second
exportateur mondial de riz.
5
Données tirées de l’enquête réalisée auprès des ménages « ECAM II » en 2001 par l’INS.
6
Les pays producteurs sont le Tchad, le Cameroun et la RCA
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 25 -
Tableau 8 : Evolution des importations de la CEMAC en riz (en $ millions)
SH2 Libellé du produit
2001 2002 2003 2004 2005
10.04 Riz semi-blanchi ou blanchi 47,92 66,95 56,34 93,85 136,78
Autres riz 0,28 0,05 0,04 0,56 0,05
Total Cameroun 48,20 67,00 56,38 94,41 136,83
Estimation CEMAC 108 147 123 225 374
Source : Calculs réalisés à partir des données de la Direction générale des douanes camerounaises
Le marché du riz en zone CEMAC est dominé par les produits en provenance de Thaïlande et du
Vietnam. A contrario, les produits chinois et américains sont en perte de parts de marchés
considérables, et il est possible que cette tendance persiste à moyen et long terme.
Stratégie commerciale
Le marché du riz a été libéralisé depuis une décennie, ce qui a permis à de nombreux opérateurs de
se lancer dans l’importation de cette denrée. Le riz est conditionné dans des sacs de 5, 6 et 50 Kg. Il
est important de relever que le riz thaïlandais semble plus connu que le riz vietnamien, même si
parfois, des confusions sont faites par les distributeurs. Ceci laisse croire que le Vietnam devrait
redoubler d’effort pour faire connaître et distinguer son produit.
2. Produits vestimentaires (SH 52-63) et chaussures (SH 64)
Cette rubrique regroupe les matières en textiles et les ouvrages en ces matières notamment les
habits pour enfants, hommes et femmes et les chaussures de toutes sortes. Cependant, nous ne
mettrons l’accent que sur les produits finis ou semi fins qui sont massivement importés.
Potentiel
Avec 35 millions d’habitants, la consommation annuelle de la sous-région en produits
vestimentaires pourrait se situer autour de 150 millions de mètres de tissus
7. Au Cameroun, les
ménages consacrent en moyenne $ 120 millions pour l’achat des produits vestimentaires et
chaussures; On estime à $ 250 millions la valeur du marché de la sous-région en ces produits. A
cette valeur, il conviendrait d’ajouter le montant consacré par les ménages et les entreprises et
administrations pour les ouvrages en textiles incluant les tenues de travail, les revêtements muraux
ou de meubles, etc.
Marché
Sur les cinq (3) pays de la sous-région producteurs de coton, seul le Cameroun possède des unités
de transformation du coton, allant de la filature au tissage. Cependant, les industries textiles du
Cameroun ne transforment qu’environ 5% de la production de coton. La principale unité de
transformation qu’est la Cicam est confrontée à d’énormes difficultés (faible compétitivité, fraude,
contrebande, etc.) qui l’obligent actuellement à se concentrer sur le seul produit qu’est le pagne.
7
Les experts estiment à 2 mètres de tissu la consommation minimale (du plus pauvre) par personne au cours d’une
année.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 26 -
Une dizaine de PME exercent dans la filature, la bonneterie, la production de coton hygiénique et la
broderie industrielle. La centaine de PME de confection que compte le pays a du mal à émerger face
à la concurrence des produits étrangers, notamment nigérians et chinois, handicapés par les
difficultés diverses au rang desquels les approvisionnements en matières de bases, les équipements.
Au final, les produits locaux sont très peu compétitifs comparés aux produits importés qui
constituent l’essentiel de l’offre sur les marchés. On estime à près $ 272 millions la valeur des
importations de produits en matières textiles et chaussures, contre seulement $ 98 millions en 2001.
Ces importations sont essentiellement composés de tissus et de produits finis (vêtements pour
hommes et femmes, les revêtements notamment) et de chaussures de toutes sortes.
Tableau 9 : Evolution des importations de la CEMAC en produits textiles et d’habillement (en
$ millions)
SH2 Libellé du produit
2001 2002 2003 2004 2005
52 Coton (fils et tissus de coton) 1,25 0,73 3,27 3,41 2,35
54 Filaments synthétiques 2,03 1,55 2,92 4,79 7,18
55 Fibres synthétiques 4,06 2,83 3,85 3,68 4,14
56 Ouates, fils spéciaux 2,66 2,30 2,68 3,23 2,63
61
Vêtements et accessoires de vêtements en
bonneterie 3,25 3,00 4,71 6,24 8,54
62
Vêtements et accessoires de vêtements autre
qu’en bonneterie 2,02 2,23 4,45 5,27 4,79
63 Articles de friperie 20,55 20,19 34,75 42,13 47,92
64 Chaussures 5,47 6,12 14,24 24,17 19,11
Total Cameroun 43,81 41,77 73,75 96,00 99,26
Estimation CEMAC 97,81 91,53 160,56 228,91 271,67
Source : Statistiques des douanes camerounaises – Calculs de l’Auteur
Les origines des importations des produits vestimentaires sont diverses : on note une prédominance
des produits originaires d’Europe ; ce sont pour l’essentiel les vêtements de friperie pour enfants,
hommes et femmes. Ensuite, vient la Chine dont la gamme de produits est très variée (allant de
vêtements aux tissus de toutes sortes en passant par les fils, les revêtements) et très bon marché. Les
chaussures dont les importations s’élèvent à plus de $ 20 millions, sont originaires de Chine à 90%.
Comptés parmi les principaux producteurs d’ouvrages en matières textiles, le Cambodge et le
Vietnam brillent par leur absence sur les marchés de la CEMAC. Ceci est d’autant plus surprenant
que la présence de la Chine et dans une moindre mesure celle de la Thaïlande et du Bangladesh
attestent de ce que la distance ne suffirait pas à expliquer le fait que les produits de ces pays ne
puissent pas s’imposer sur ce marché.
Stratégie commerciale
Quatre (4) facteurs peuvent être retenus pour expliquer la forte pénétration des produits chinois sur
les marchés de la sous-région et inspirer les entreprises ou organismes de promotion du commerce
des pays du Mékong :
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 27 -
•
Les bas prix, à la portée des populations appauvries par les années de crise de toute sorte ;
•
La présence et la multiplication des maisons de commerce chinoises, ce qui a facilité
l’émergence d’un réseau important et dense de distributeurs ;
•
Les efforts entrepris par les autorités chinoises pour faire connaître leurs produits ; ceci s’est fait
notamment sous la houlette des missions commerciales organisées en Chine à l’occasion des
foires et autres manifestations commerciales.
•
La simplification des procédures d’entrée tant pour les ressortissants chinois que pour ceux de la
CEMAC. Conséquence directe de la démarche précédente, les facilités ont été offertes aux
opérateurs économiques de la sous-région pour se rendre en Chine en vue de prospecter et
s’approvisionner.
3. Gadgets électroniques (SH 84.69-84.73, SH 85.02-85.31)
Parmi les gadgets électroniques, nous avons regroupé les machines et appareils électriques ou
électroniques d’usage domestique ou de bureau notamment : les machines électroniques
(calculatrices de toutes sortes), les machines de traitement de l’information (les ordinateurs et leurs
accessoires), les appareils électroniques d’usage courant (tondeuses et rasoirs électriques, lampes
électriques, radios, appareils d’enregistrement de son ou d’images, récepteurs de télévision, etc.),
les appareils de télécommunication. Cette rubrique ne concerne pas les équipements industriels
électriques.
Potentiel
A l’instar des autres produits de consommation courante, le potentiel semble important pour les
gadgets électroniques, en relation avec la frange importante que représente la jeunesse de la
population des pays d’Afrique centrale. Au Cameroun, près de 15% de la population possède un
récepteur de télévision, 50% un poste radio. Ainsi, au niveau sous-régional, cette gamme de
produits concerne environ 20 millions d’habitants.
Marché
Avec la vulgarisation des supports d’enregistrement de son et d’image (CD audio, et vidéo
notamment), le marché des gadgets électroniques est en expansion. En témoigne la valeur des
importations qui se situe à près de $ 308 millions en 2005 contre $ 170 millions en 2001
8.
8
Il est important de relever que les quantité ont été multipliées par cinq au moins. En fait, les prix de ces produits ne
cessent de chuter du fait de la rude concurrence qui existe entre les producteurs, des avancées technologiques qui
réduisent de manière considérable la durée de vie de ces produits.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 28 -
Tableau 10 : Evolution des importations de la CEMAC en gadgets électroniques (en $
millions)
SH2 Libellé du produit
2001 2002 2003 2004 2005
84.71 Machines automatiques de traitement de l’information numériques, 8,38 11,17 18,21 22,38 11,97
85.02 Groupes électrogènes 10,97 30,50 9,58 35,79 6,90
85.04 Transformateurs électriques 4,15 7,88 5,90 8,47 7,29
85.17 Appareils pour la téléphonie ou la télégraphie 16,77 7,29 9,25 26,53 15,64
85.24
Supports pour la reproduction des phénomènes autres que le son et
l’image 2,60 1,85 6,34 7,80 13,99
85.25
Appareils d’émission ou d’enregistrement pour la radiophonie, la
radiotélégraphie, la radiodiffusion ou la télévision 13,65 12,54 13,32 17,23 19,64
85.27
Appareils récepteurs de radiodiffusion, combinés à un appareils
d’enregistrement ou de reproduction 1,24 1,31 2,61 4,38 4,06
85.28 Appareils récepteurs de télévision en couleurs 2,43 3,15 4,35 5,48 5,71
85.29 Antennes et réflecteurs d’antennes de tous types, 4,23 6,27 8,08 22,92 14,67
Autres produits 11,67 14,76 14,3 45,08 12,79
Total Cameroun 76,09 96,72 91,94 196,06 112,66
Estimation CEMAC 169,88 211,94 200,14 467,48 308,35
Source : Calculs réalisés à partir des données de la Direction générale des douanes camerounaises
L’offre locale est relativement nulle car il n’existe pratiquement pas d’entreprises de fabrication de
gadgets électroniques ; les entreprises de cette branche sont plutôt spécialisées dans l’assemblage
des pièces importées. Les produits de cette rubrique sont encore majoritairement importés d’Europe,
même si l’on note une réelle percée des produits d’origine chinoise et coréenne.
Le réseau de distribution comprend les représentations de producteurs occidentaux et asiatiques, à
côté desquelles cohabitent les détaillants qui s’approvisionnent sur les marchés étrangers.
Stratégie
Le Vietnam attire de nombreux investissements d’entreprises japonaises et coréennes. Ces unités
délocalisées peuvent concurrencer avec les entreprises chinoises dans la mesure où la main d’oeuvre
y est qualifiée et bon marché. Il lui reste à faire connaître le potentiel d’offre en ces produits à
travers les manifestations commerciales et en facilitant l’accès du pays aux hommes d’affaires
sélectionnés avec l’appui des organismes de promotion du commerce des pays de la CEMAC.
4. Véhicules à deux roues et matériels agricoles (SH 87.01 — 87.11 — 87.14)
Les grandes villes des pays en développement ont enregistré depuis bientôt trois décennies une forte
croissance des activités informelles ; celles-ci couvrent désormais, l’artisanat, la petite industrie, les
services incluant la microfinance, la santé et surtout les transports. A Douala par exemple, première
ville d’Afrique centrale par la population et le poids économique, les activités informelles de
transport sont en développement constante, en témoigne le nombre de moto taxis évalué
actuellement à plus de 250.000 par le ministère des transports et à plus de 30.000 pousse-pousses ou
porte tout. Ces véhicules sont utilisés pour le transport des personnes, et les pousse-pousse pour le
transport des marchandises en particulier dans la distribution par les commerçants.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 29 -
Marché
De ce fait, le marché des véhicules à deux roues et autres engins de transport est en plein essor dans
toutes les villes du Cameroun lorsque le relief s’y prête ; un essor qui s’explique par quatre (4)
facteurs à savoir : (i) la platitude des sites de ces grandes agglomérations, (ii) l’importance du
chômage dans les villes et les campagnes, (iii) la large accessibilité de ces véhicules qui peuvent
aller un peu partout contrairement aux autres engins traditionnels ; (iv) l’absence de contraintes
majeures (par exemple permis de conduire, taxes diverses, etc.) pour l’exercice de ces activités avec
de tels engins.
Le marché sous-régional
9 des matériels agricoles et véhicules de transport à deux roues s’élève à
près de $ 30 millions dont près de $ 10 millions pour les motocycles. Comme l’illustre le tableau cidessus,
ce marché est en forte croissance, surtout en ce qui concerne les motocycles. De $ 2 millions
en 2001, les importations de motocycles sont passées à près de $ 9 millions en 2005 au Cameroun.
Les perspectives sont très prometteuses en relation avec le développement des activités
commerciales.
Le marché des motocycles est essentiellement dominé par les produits d’origine chinoise qui ont
réussi à s’imposer au détriment des produits japonais pourtant réputés de meilleure qualité mais plus
chers.
Tableau 11 : Evolution des importations de véhicules à deux roues et matériels de transport
(en $ millions)
SH2 Libellé du produit 2001 2002 2003 2004 2005
87.01 Tracteurs 16,46 16,76 22,31 18,76 18,50
87.11 Motocycles 2,07 1,75 5,28 8,40 8,64
87.14 Parties de motocycles 0,71 1,31 1,25 1,93 2,27
Total Cameroun 19,24 19,82 28,83 29,08 29,42
Estimation CEMAC* 19,24 19,82 28,83 29,08 29,42
Source : Calculs réalisés à partir des données des douanes camerounaises
En conclusion à cette partie, il apparaît clairement que le potentiel de demande est relativement
important au niveau de la CEMAC pour les produits qui peuvent être exportés par les pays du
Mékong. Cependant, l’offre des pays du Mékong n’est pas assez connue au niveau de la CEMAC.
De l’expérience de la pénétration des produits d’origine chinoise et indiens en Afrique on peut
recommander au moins trois (3) facteurs sur lesquels les entreprises ou organismes de promotion du
commerce des pays du Mékong devraient accorder une réelle attention :
9
Dans ce cas, le Cameroun est le principal marché pour les motocycles et tracteurs, ce qui explique pourquoi nous
n’avons utilisé la même technique d’estimation des importations au niveau sous-régional.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 30 -
•
Des prix à la portée des populations appauvries par les années de crise de toute sorte ; A titre
d’exemple : un motocycle de marque japonaise était vendu à près de $ 1.600 contre seulement $
600 pour un engin similaire de marque chinoise. En une décennie, le marché camerounais ne
compte pratiquement plus de produits japonais bien que ces derniers soient plus résistants. Mais
l’activité (transport informel des passagers) pour laquelle ces produits sont achetés ne permet
pas aux entrepreneurs d’être compétitifs avec les produits d’origine japonaise.
•
La présence et la multiplication des maisons de commerce, pour faire connaître leurs produits
(ce qui amènera les importateurs africains à s’intéresser au marché de ces pays pour diversifier
leurs sources d’approvisionnement) et assurer les approvisionnements en continue du marché.
•
L’établissement des relations commerciales plus accentuées se traduisant par la participation des
opérateurs économiques africains aux manifestations commerciales organisées en Asie.
•
La simplification des procédures d’entrée dans les pays des deux sous-régions pour faciliter les
missions de prospection commerciales.
C. Analyses de l’offre
L’offre des pays de la CEMAC dans un commerce avec les pays d’Asie du Mékong se réduit aux
produits agricoles (coton), miniers, forestiers et dans une certaine mesure les produits chimiques de
base. Pour chaque produit ou groupe de produits, nous évaluerons le potentiel de l’offre, et
esquisserons les stratégies qui pourraient contribuer à développer le commerce inter-régional.
1. Coton (SH 52.01)
La production et le commerce du coton sont des activités importantes dans la vie économique de
trois (3) pays de la sous-région à savoir le Cameroun (qui produit en moyenne 240.000 tonnes par
an), le Tchad et la RCA. Au cours des années 90, ces trois pays ont engagé des réformes afin
d’améliorer la compétitivité de cette filière. Mais fort malheureusement, l’impact des actions
engagées sur le développement économique d’ensemble a pratiquement été anéanti par la
conjoncture internationale très défavorable en raison du maintien dans certains pays développés de
mesures de soutiens à leurs producteurs, créant ainsi des distorsions sur les prix du marché mondial.
Exportations
L’évolution de la production de coton des pays de la sous-région, au fil des dernières années, est en
dents de scies. La filière procure en moyenne $ 200 millions de recettes d’exportations à la sousrégion.
Le Cameroun qui est le principal producteur de la sous-région a considérablement diversifié
ses clients à travers le monde notamment en Chine, dans les pays de l’Union européenne, en
Thaïlande, au Pakistan, et au Bengladesh.
Tableau 12 : Evolution des exportations de la CEMAC en coton (en $ millions)
SH8 Libellé du produit 2000 2001 2002 2003 2004 2005
52010010 Coton non cardé
185,94 159,49 186,64 232,79 215,15
Dont:Cameroun 98,14 94,19 108,04 144,59 132,95
Tchad 77,7 56,1 77,6 84,8 80,1
RCA 10,1 9,2 1 3,4 2,1
Source : Douanes camerounaises
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 31 -
Avec les pays asiatiques du Mékong, le Cameroun échange particulièrement avec le Vietnam qui
achète en moyenne pour $ 2 millions de coton brut. La stratégie de diversification des clients du
Cameroun devrait être envisagée par les autres pays producteurs de la sous-région. De même, il est
souhaitable d’envisager des partenariats
10 avec les industries de transformation des pays asiatiques.
2. Produits miniers
Les produits miniers représentent l’un des postes importants des exportations des Etats de la sousrégion.
Parmi les plus importants de ces produits exportés, figurent les huiles de pétrole brutes, le
manganèse, l’aluminium, le diamant et dans un proche avenir le cobalt-nickel, le rutile et le fer.
(a) Pétrole brut (SH 27.09)
La sous-région regorge d’importantes ressources pétrolières exploitées par les compagnies
américaines, françaises, néerlandaises, anglaises et malaisiennes. La production est en hausse
considérable, et se situe autour de 57 millions de tonnes en 2005 contre 38 millions en 2000. Les
exportations s’élèvent à près de $ 20 milliards en 2005 contre seulement $ 6,5 milliards en 2001. La
Guinée Equatoriale est le plus important producteur ; ensuite viennent le Gabon, le Congo et le
Tchad. Malgré les ralentissements que l’on peut observer ça et là au niveau de la production
notamment au Gabon et au Cameroun, les perspectives sont toujours prometteuses pour cette
filière qui compte parmi les plus importantes pour cinq (5) des six (6) de la sous-région : A titre
d’exemple, de nouveaux permis d’exploration ont été accordés par les autorités camerounaises pour
combler le chute vertigineuse de sa production.
(b) Manganèse
Le Gabon possède le plus important gisement. On observe un regain des activités, induit par la
montée en régime du site de production à la suite de nouveaux investissements. La production est
passée de 1,7 millions de tonnes en 2000 à 2,5 millions de tonnes en 2004. Les exportations ont
pratiquement triplé en cinq ans, passant de $ 125 millions en 2001 à $ 350 millions en 2005.
(c) Diamants
La Centrafrique dispose du plus important gisement de la sous-région. Actuellement et ce depuis
longtemps, toute la production de ces pierres précieuses est écoulée par des circuits clandestins, les
exportations stagnent autour de 400.000 carats soit un peu plus de $ 60 millions. Dès lors, les
artisans-mineurs sont à la merci des trafiquants, vivent dans des conditions misérables et l’Etat ne
profite rien de cette activité. Autant de raisons qui n’encouragent pas le développement de cette
activité qui sombre plutôt vers le déclin.
10
La Chine et les Etats-Unis ont signé un partenariat commercial qui pourrait inspirer les responsables en charge de la
promotion du commerce des deux sous-régions : la Chine importe le coton américain et en retour exporte des produits
finis.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 32 -
(d) Bauxite et aluminium
Trois gisements de bauxite évalués à plus d’un milliard de tonnes ont été identifiés au Cameroun.
Le gisement le plus important est situé dans la région de Ngaoundéré, à 10 Km d’une station
ferroviaire et des disponibilités énergétiques existent (le barrage de Lagdo) pouvant faciliter son
exploitation et sa transformation en alumine. Des investissements importants d’un montant de près
de $ 1,5 milliard sont envisagés par le groupe Alcan (un des leaders mondiaux de l’aluminium), ce
qui va permettre au Cameroun qui importe actuellement l’alumine de Guinée, d’en produire et de
tripler sa production d’aluminium et accroître ses exportations de produits dérivés de l’aluminium.
Tableau 13 : Evolution de la production et des exportations de la CEMAC en produits miniers
Libellé du produit
2000 2001 2002 2003 2004 2005
Pétrole
- Production (1000T) 37 813 40 143 41 009 44 624 55 534 57 064
- Exportation (1000T) 37 169 38 552 39 852 42 483 53 727 55 814
- Exportation (en $ millions) 6 284,3 6 727,1 8 659,8 13 508,4 19 520,8
Cameroun 800,7 831,7 905,3 1 069,30 1 399,10
Congo 1 832,80 1 863,60 2 311,70 3 060,50 4 360,50
Gabon 2 064,60 2 091,10 2 637,10 3 392,00 4 552,20
Guinée Equatoriale 1 586,20 1 940,70 2 569,80 4 246,90 6 576,90
Tchad 0 0 235,9 1 739,70 2 632,10
Manganèse
- Production (1000T) 1 743 1 791 1 856 2 000 2 523
- Exportation (1000T) 1 939 1 659 1 932 1 989 2 494
- Exportation (en $ millions) 124,2 139,4 124,1 207,4 349,9
Aluminium
- Exportation (en T) 45 779 62 551 47 228 56 786 68 783 74 845
- Exportation (en $ millions) 74,3 81,0 95,5 138,7 166,6
Diamants
- Production (1000 carats) 461 449 415 333 354 383
- Exportation (1000 carats) 461 449 415 333 354 383
- Exportation (en $ millions) 56,3 52,4 49,3 52,8 62,2
Sources : Rapport d’activité 2005, BEAC
(e) Rutile
Avec 3 millions de tonnes de réserves d’oxyde naturel de titane, plus connu sous le nom de rutile, le
Cameroun possède le second gisement mondial après l’Australie. Ce gisement se trouve à proximité
des infrastructures (routes et chemin de fer), ce qui rend la zone d’extraction accessible et le minerai
facile à exploiter ; Mais le projet tarde à se concrétiser.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 33 -
(f) Fer
Le Cameroun et le Gabon possèdent d’importants gisements non encore exploités de fer reconnus
de bonne qualité. Ceux du Cameroun, au nombre de deux (2) notamment à Mbalam au sud-est et à
Kribi dans la région littorale, recèleraient plus de 300 millions de tonnes de minerai. La proximité
des gisements de gaz naturel permettrait de fournir l’énergie à une éventuelle exploitation et le
développement de la sidérurgie au Cameroun. Au Gabon, l’exploitation du gisement le plus
important – celui de Belinga — est annoncée pour 2011. Dans cette perspective, un pool d’entreprises
chinoises spécialisées dans l’exploitation du fer, la construction des chemins de fer a été constitué.
(g) Cobalt-nickel (SH 75)
Le Cameroun possède l’un des plus importants gisement de cobalt-nickel. Une société américaine
s’est lancée dans l’exploitation de ce minerai depuis 2004 et le Cameroun a des chances de devenir
le premier producteur mondial. Les premiers minerais sont attendus en 2007 et l’exploitation
pourrait durer plus de 2 siècles, à en croire les experts. Ce projet dont le coût d’investissement
s’élève à près de $ 100 millions représente le plus gros investissement dans le secteur extractif hors
pétrole. L’usine traitera un million de minerais par an et les produits à exporter seront les sulfures
de cobalt et de nickel qui iront aux raffineries pour traitement final. Le cobalt entre dans la
fabrication des ordinateurs, des téléphones cellulaires et comme une solution alternative au pétrole
pour les voitures électriques et hybrides en promotion actuellement. Les produits secondaires seront
des engrais pour l’agriculture.
Stratégie
Pour la plupart, les entreprises du secteur minier des pays de la CEMAC sont des filiales des
multinationales de pays développés et chinoises depuis quelque temps, qui exploitent ces minerais
et les exportent dans ces pays. Actuellement, la tendance qui transparaît des chartes
d’investissements des pays de la CEMAC est de libéraliser ces filières en encourageant la libre
concurrence dans les procédures d’octroie de licences d’exploration et d’exploitation.
Pour les entreprises des pays francophones du Mékong, la meilleure stratégie de pénétration des
marchés de la sous-région consiste à s’implanter dans les pays de la CEMAC pour l’exploitation et
l’exportation de ces minerais. Pour cela, les organismes de promotion du commerce des pays de la
sous-région devraient jouer un rôle important en promouvant leurs potentiels d’offre lors des
forums d’affaires et autres manifestations commerciales organisées à cette fin.
3. Produits chimiques et pétrochimiques
Dans ce groupe de produits, la seule véritable production / exportation concerne les produits
pétrochimiques notamment les huiles de pétrole raffinées et le gaz.
(a) Huiles de pétroles raffinées (SH 27.10)
Le Cameroun, le Gabon et le Congo disposent d’une raffinerie de pétrole, celle du Cameroun est la
plus importante. Le Tchad envisage de construire une raffinerie avec l’appui des chinois. L’offre
comprend les huiles de pétrole raffinées (super, gasoil, etc.). La CEMAC exporte pour près de $ 400
millions d’huiles de pétrole raffinées, pour l’essentiel au niveau régional.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 34 -
(b) Gaz (SH 27.11 )
Le Cameroun et la Guinée disposent de réserves importantes de gaz naturel ; Elles sont estimées à
près de 300 milliards de m
3 pour le Cameroun, un potentiel encore inexploité. Par ailleurs, le
volume de gaz brûlés au cours de la production de pétrole brut est assez important. Actuellement,
seule la Guinée Equatoriale a développé des capacités de production importantes de méthanol. La
société tourne actuellement à plein régime et les perspectives sont très prometteuses. Les
exportations sont passées de $ 85 millions en 2001 à près de $ 500 millions en 2005. La Guinée
Equatoriale a signé un accord de coopération avec le Cameroun pour la transformation de son gaz,
ce qui relance l’espoir d’une exploitation et exportation à grande échelle du potentiel que regorgent
ces deux pays.
Tableau 14 : Evolution des exportations de la CEMAC en produits pétroliers raffinés et de
gaz (en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Produits pétroliers raffinés
Exportations (en $ millions) 100,3 138 234,5 314,2 417
Cameroun 69,3 72,9 147,8 205,9 296,4
Congo 4,5 33,8 46,4 41,7 54,6
Gabon 26,5 31,3 40,3 66,6 66
Méthanol
- Exportation (1000T) 473 725 770 1 143 1 377
- Exportation (en $ million) 85,4 135,6 162,1 279,1 492,8
Source : Rapport d’activités 2005, BEAC
Par ailleurs, la sous-région regorge d’importantes réserves de pétrole qui dégagent du gaz dans leur
processus de transformation ; Ces gaz pourraient être exploités sous forme de gaz de pétrole liquéfié
destiné à la consommation des ménages et faire l’objet d’exportation.
(c) Produits chimiques
La sous-région recèle d’un potentiel important en produits chimiques pouvant être utilisés comme
matières premières dans les industries asiatiques actuellement en plein essor. On peut citer :
•
La disponibilité d’importantes ressources en chlorure de sodium (sel) dans les régions de Holle
au Congo. Le sel sert comme de produit chimique de base pour différentes productions
notamment les industries textiles, les savonneries, les industries de pâtes à papier et les
verreries. Le Vietnam et la Cambodge sont de grands producteurs de produits textiles ; ils
pourraient donc être intéressés par l’exploitation de ces gisements.
•
Le phosphate et la potasse au Congo ; ces produits sont utilisés pour la production de
superphosphate, d’acide phosphorique et de phosphate d’ammoniac, de la chlorure de potasse,
des composants pour la fabrication des engrais composés.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 35 -
A ce jour, aucune initiative concrète visant à exploiter ces importantes potentialités n’a été
envisagée. En somme, le secteur des produits chimiques connaît autant d’initiatives qui méritent
d’être concrétisées pour développer un secteur très porteur au niveau de la sous-région.
4. Bois brut et les produits transformés (SH 44)
La CEMAC a le plus important massif forestier d’Afrique, près de 30 millions d’hectares, pour un
potentiel ligneux exploitable de près de 3 milliards de m
3 réparti sur plus 800 essences dont plus 300
essences commercialisables. Actuellement, seules près de 80 de ces essences sont commercialisées
et les productions forestières sont variées. La production la plus importante est celle des grumes.
L’ayous et le sapelli sont habituellement utilisés pour la fabrication de meubles et la construction de
logements. Les autres essences commercialisées sont l’acajou, l’iroko, le mohabi, l’azobé, le sipo et
le movingui.
Capacité d’offre
Les industries de transformation du bois sont encore très peu développées au niveau de la sousrégion,
à l’exception du Cameroun où la réglementation interdit l’exportation des bois en grumes.
On dénombre près d’une centaine d’usines en activité cumulant une capacité installée d’environ 4
millions de m
3 par an notamment des scieries, des menuiseries industrielles, des usines de déroulage
et de fabrique de contreplaqué, des usines de traitement de poteaux et une usine de tranchage. En
plus des grumes qui constituent l’essentiel de l’offre du Gabon, du Congo et de la Guinée
Equatoriale, l’offre en produits forestiers transformés s’est quelque peu développée : elle est
dominée par les bois sciés ou déroulés, les feuilles de placage et contre-plaqués. L’offre d’autres
produits notamment les parquets, les préfabriqués, les poteaux en bois, les pièces de charpente, les
ouvrages de menuiseries est beaucoup plus modeste. En somme, l’éventail des produits transformés
reste encore très insuffisant notamment en unités de déroulage et de tranchage.
Exportations
Tandis que les réserves de pétrole s’amenuisent, on prévoit que les exportations de bois
constitueront une part de plus en plus importante des recettes en devises au cours des prochaines
années. Sur la période sous revue, la tendance des exportations est restée haussière même si les
offres du Gabon, du Congo et de la Guinée Equatoriale restent encore dominées par les grumes. En
2005, les exportations se situent à $ 1.207 millions contre $ 773 millions en 2001, soit une hausse
de 56%.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 36 -
Tableau 15 : Evolution de la production et des exportations de la CEMAC en bois et ouvrages
en bois
2001 2002 2003 2004 2005
Production (1000 m3) 5 455,9 4 805,2 4 330,6 5 979 6 222,9
Exportation (1000 m3) 3 348,7 3 591 3 400,1 3 298,2 3 157,7
Exportation (en $ million)
772,9 826,6 1 021,3 1 201,5 1 206,8
Dont: Cameroun 251,6 255 334,7 425,4 416,1
Congo 111,5 159,2 191,9 253,3 215,9
Gabon 294,9 292,5 381,4 411,8 475,3
Guinée Equatoriale 53 44,9 53,6 56,4 50,5
RCA 61,9 75 59,7 54,6 49
Source : Rapport d‘activités 2005, BEAC
L’Union européenne reste le principal client de la sous-région. Cependant, on note une forte percée
des entreprises chinoises qui se sont installées dans la région pour exporter vers leur patrie.
Stratégie
La stratégie commerciale est similaire à celle concernant les produits miniers : les marchés
occidentaux sont plus rémunérateurs, ce qui explique l’orientation des exportations de bois. La
meilleure stratégie pour développer le commerce avec les pays du Mékong est de faciliter
l’implantation de leurs industries de transformation avant exportation. Pour cela, les organismes de
promotion du commerce des pays de la sous-région devraient jouer un rôle important en
promouvant leurs potentiels d’offre lors des forums d’affaires et autres manifestations
commerciales organisées à cette fin.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 37 -
V. STRATEGIE POUR LA PROMOTION DU COMMERCE
INTERREGIONAL
Comme nous l’avons relevé plus haut, les échanges inter-régionaux entre les pays de la CEMAC et
ceux du Mékong sont très faibles ; pour les booster, il est important de mettre sur pied une stratégie
efficace de promotion de ces échanges. Une telle stratégie devrait prendre en compte les
complémentarités relevées par les analyses de flux commerciaux des deux sous-régions, et
s’inscrire aussi dans la pérennité. Ainsi, la stratégie que l’on pourrait recommander comporterait
deux (2) volets principaux à savoir (i) un premier qui consiste à se positionner dans l’immédiat par
rapport aux opportunités révélées par les analyses des flux commerciaux ; (ii) un second plus global
qui devrait consister à inscrire la stratégie commerciale dans la pérennité.
Dans cette perspective, nous proposons trois (3) actions à inscrire dans la stratégie commerciale :
•
Aider les entreprises asiatiques à se positionner en Afrique centrale ;
•
Faciliter la coopération industrielle et commerciale entre les deux sous-régions ;
•
Faire connaître les potentiels d’offres des deux sous-région ;
A. Mesures pour faciliter le positionnement des entreprises sur les marchés
Les analyses de la demande et de l’offre réalisées sur les complémentarités commerciales ont mis
en exergue les potentialités à exploiter par les entreprises des deux sous-régions pour transformer
ces complémentarités en opportunités réelles. L’une des actions à mener consisterait à réfléchir sur
les stratégies susceptibles de permettre à ces entreprises de se positionner par rapport à ces
opportunités. Pour esquisser une stratégie de positionnement sur les marchés de la CEMAC ou des
pays du Mékong, il est certes important de mettre en exergue les atouts et les forces des uns et des
autres, les opportunités concrètes à saisir, mais aussi de cerner les menaces auxquelles devront faire
face les opérateurs économiques et éventuellement les contraintes à surmonter.
Le tableau de la page suivante résume en quelque sorte cette stratégie de positionnement sur les
marchés des deux (2) sous-régions.
Tableau 16 : Matrice d’actions pour le programme de développement des échanges commerciaux entre des pays de la CEMAC et ceux du
Mékong
Filière Pays disposant
du potentiel
d’offre
important
Atouts / forces Opportunités Menaces / contraintes à
surmonter
Activités recommandées
Riz et autres
produits
alimentaires
épices, poivre)
Vietnam
Produit très
compétitif et de
bonne qualité
2 ième producteur
mondial
Demande importante en
zone CEMAC, notamment
dans les villes en plein
boom démographique.
Concurrence des
produits thaïlandais
Méconnaissance des
produits et confusion
avec les produits
concurrents
Mieux faire connaître les produits
originaires du Vietnam
Faciliter l’accès au marché via les
foires et autres manifestations
commerciales.
Autres actions ciblées en direction
des imortateurs
Produits des
industries de
l’habillement et
de chaussures
Cambodge
Vietnam
Production
importante à des prix
abordables
Demande importante
au niveau sousrégional.
Forte présence
d’opérateurs / produits
chinois ou locaux
s’approvisionnant en
Chine
Concurrence des produits de
friperie
Faciliter l’accès des marchés aux
importateurs africains.
Encourager les implantations des
maisons de commerce
cambodgiennes et vietnamienne an
Afrique
Coopération internationale avec le
Vietnam et le Cambodge pour
développer la filière au niveau de la
CEMAC.
Moto cycles Vietnam
Disponibilité de
ressources primaires.
Présence de quelques
PME locales
dynamiques.
Demande importante
au niveau sousrégional
notamment au
Cameroun.
Concurrence des
produits d’origine
chinoise.
Faciliter l’accès des marchés aux
opérateurs africains.
Encourager les implantations des
maisons de commerce cambodgiennes
et vietnamienne an Afrique.
Gadgets
électroniques
Vietnam
Bénéficie des
délocalisations
(technologie, savoirfaire)
d’entreprises
japonaises et
coréennes
Demande locale
importante et en hausse
Marché important, près
de 20 millions de
consommateurs parmi
les jeunes
Concurrence des
produits occidentaux et
chinois
Faciliter l’accès des marchés aux
opérateurs africains.
Encourager les implantations des
maisons de commerce
cambodgiennes et vietnamienne an
Afrique.
Coton Cameroun
Tchad
RCA
Production
relativement
importante
Qualité reconnue
Demande importante
sur les marchés
mondiaux, notamment
asiatiques
Qualité des produits à
améliorer
Niveau de l’offre à
améliorer
Revoir le rôle des traders
dans la
commercialisation des
produits
Initier des programmes visant à
améliorer la production, la qualité et
à former les exportateurs à
diversifier leurs marchés.
Faciliter la coopération entre
producteurs africains et industries
de transformation asiatiques
Bois, ouvrages
en bois
Cameroun
Congo
Gabon
Guinée E
Ressources
importantes et
diversifiées.
Présence de PME
locales dynamiques
recherchant des
partenaires.
Demande importante
Espèces non exploitées
/ commercialisées à
promouvoir
Secteur à forte intensité
capitalistique
Forte présence
d’entreprises
occidentales et chinoises
exportant vers leurs
maisons mères.
Réglementation très
stricte en matière de
respect de
l’environnement
Coopération multiforme
(compagnonnage industriel, jointventure,
etc.) avec les petits
exportateurs en particulier pour
diversifier leurs marchés et si
possible leurs offres.
Encourager l’implantation d’unités
asiatiques notamment
vietnamiennes pour l’exploitation et
la transformation du bois.
Produits miniers CEMAC
Ressources
importantes et
diversifiées.
Demande importante
Possibilité d’obtenir de
licences pour
l’exploration de
nouveaux bassins
De nombreux minerais
non exploitées à
promouvoir
Secteur à forte intensité
de capital
Forte présence
d’entreprises
occidentales exportant
vers leurs maisons
mères.
Coopération multiforme
(compagnonnage industriel, jointventure,
etc.) avec les petits
exportateurs dans l’exploitation de
métaux précieux.
Encourager l’implantation d’unités
asiatiques notamment
vietnamiennes pour l’exploitation
de certains minerais.
Produits pétro
chimiques
Guinée E.
Gabon
Congo
Disponibilité en
ressources pétrolières
et gazières.
Demande importante
au niveau mondial.
D’importants sous
produits de l’industrie
pétrolière et gazière à
valoriser.
Secteur à forte intensité
de capital.
Développer la coopération interrégionale.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 40 -
B. Développer la coopération industrielle et commerciale
Il est important de relever qu’en l’état actuel, les actions de promotion seules (foires, rencontre
acheteurs-vendeurs) ne suffiront pas favoriser les relations commerciales entre les pays de la
CEMAC et ceux du Mékong ; Ceci dans la mesure où il est d’abord important pour les pays de la
CEMAC tout comme ceux du Mékong d’accroître et si possible de diversifier leurs base de produits
exportables. Les relations commerciales inter-régionales seront d’autant plus renforcées si cette
initiative est conduite avec le soutien des pays asiatiques notamment le Vietnam qui à l’instar de la
Chine, amorce depuis une décennie un décollage économique et industriel qui peut inspirer les pays
africains dans leur ensemble. Dans cette perspective, il est important qu’au niveau des instances en
charge de la promotion du commerce, que des initiatives ou programmes soient mis sur pied dans
l’optique de :
•
Faciliter la coopération inter-entreprise au niveau des filières à fort potentiel commercial pour
les deux sous-régions afin qu’elles exploitent au mieux leurs avantages comparatifs ;
•
Promouvoir le réseautage au niveau des structures d’appuis aux entreprises en général, et en
particulier au niveau des institutions de promotion du commerce pour faciliter les échanges
d’expérience, de savoir-faire dans la promotion des entreprises et d’information sur les
opportunités commerciales ;
1. Faciliter la coopération inter-entreprise au niveau des filières à fort potentie l pour le
commerce inter -régional
Les gains attendus de la relance du commerce inter-régional entre l’Afrique centrale et les pays
francophones du Mékong nécessitent que des corrections soient apportées à l’inefficience actuelle
des structures de production. En effet, les facteurs suivants qui entravent l’expansion des
exportations méritent d’être relevés à savoir : (i) la faible base technique, (ii) l’étroitesse des
ressources financières, (iii) l’absence de liens entre le secteur primaire et le secteur manufacturier.
L’efficience de la production passe nécessairement par un relèvement de la productivité et de la
compétitivité, ce qui suppose le lancement de nouveaux projets rentables et / ou la révision de toute
la structure de production des Etats de la sous-région.
Cependant, par le biais de programmes axés sur la coopération industrielle, il est possible
d’atteindre les mêmes résultats en ce qui concerne le relèvement de la productivité et de la
compétitivité des entreprises de la sous-région. La coopération industrielle peut concerner les
institutions d’appuis aux entreprises au niveau des politiques ou des programmes en faveur des
entreprises ou les entreprises directement en facilitant les relations d’affaires.
Dans le cas qui concerne les deux (2) sous-régions d’intérêt pour cette étude, nous recommandons :
•
La mise sur pied d’un programme commercial visant à aider les pays de la CEMAC à mieux
comprendre et intégrer les marchés mondiaux, notamment asiatique. Un tel programme devrait
être intégré, comprenant un volet qui amènerait les pays de la sous-région à améliorer leurs
productions de matières premières notamment agricoles (coton, caoutchouc, café) et le cuir, et
un volet axé sur la commercialisation (identification et prospection des marchés, négociation
des contrats internationaux, etc.) de ces produits sur les marchés mondiaux.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 41 -
•
Un programme industriel visant à encourager /faciliter les partenariats industriels entre les
entreprises des deux (2) sous-régions, en particulier entre les exportateurs africains et les
industries de transformation asiatiques. Il s’agit de permettre aux pays de la CEMAC d’exporter
davantage produits de base en diversifiant leurs marchés, et aux pays asiatiques notamment le
Vietnam, d’importer les matières premières dont elles ont besoin pour soutenir leur
développement industriel. Les filières qui peuvent être concernées par ces programmes sont : le
coton, le café, le cacao et l’oseille. La coopération sera d’autant plus renforcée si les produits
finis sont revendus en Afrique dans des conditions plus favorables comme c’est le cas entre la
Chine et les Etats-Unis dans la filière textile. Les Etats-Unis vendent à la Chine du coton et en
retour s’y approvisionnent en produits vestimentaires dans le cadre d’un système de préférence
commerciale.
•
Un programme d’assistance technique que peuvent apporter les industriels asiatiques à leurs
compères africains dans le cadre d’un programme de compagnonnage industriel
11. Ce type de
programme peut concerner les filières à forte intensité capital telles que le bois et les mines, des
filières actuellement dominées par les entreprises occidentales. Cette forme de coopération se
veut gagnant-gagnant car il permettrait aux PME asiatiques (qui ont souvent du mal à se
déployer à l’international dans le contexte actuel) d’avoir un pied dans les pays de la CEMAC
qui regorgent d’énormes ressources minières et ligneuses, et aux PME de la CEMAC
d’améliorer leur savoir-faire et de pouvoir prétendre (avec l’appui et l’expertise du compagnon
asiatique) aux financements des organismes spécialisés et à certains marchés qui leur sont
encore inaccessibles.
L’appui des bailleurs de fonds internationaux notamment le CCI, le CDE, les Banques asiatique et
africaine de développement et bien d’autres programmes à l’instar de Techno-Net (soutenu par le
japon et le Pnud pour développer les relations commerciales entre certains pays africains et
asiatiques).
2. Faciliter la mise en réseau des structures d’appuis aux entreprises, pour accompagner
les entreprises à la conquête des marchés
(a) Mettre en réseau des institutions de recherche des deux sous-régions pour un transfert de
savoir-faire et des échanges d’expérience
La plupart des pays africains n’ont pas bénéficié des opportunités commerciales offertes par la
libéralisation des marchés mondiaux et les préférences commerciales qu’ils ont bénéficiées que ce
soit avec l’UE ou avec les Etats-Unis
12 ou enfin des accords régionaux. Cet échec est en partie
imputable à un déficit de structures chargées d’appuyer et d’accompagner les entreprises à la
conquête des marchés internationaux. Dans le contexte actuel de la mondialisation, il est
extrêmement urgent pour les différentes communautés économiques d’investir dans les services
d’appuis aux entreprises notamment les centres de recherche et développement orientés vers les
préoccupations fondamentales des producteurs et des industries de transformation et surtout de se
partager les expériences et les fruits de la recherche pour résister face à la concurrence des produits
occidentaux ou surmonter les barrières obstacles non tarifaires qui sont de plus en plus nombreux
pour accéder aux marchés occidentaux.
11
Le compagnonnage industriel consiste à mettre en relation deux (2) personnes du même métier (dont l’un provenant
des pays développés ou émergent et l’autre des pays en développement) pour naissent entre elles des relations d’affaires
pouvant conduire à des projets de joint-venture, de cotraitance.
12
Les pays de la CEMAC sont bénéficiaires des préférences commerciales prévues dans les accords de Cotonou avec
l’UE et l’AGOA avec les Etats-Unis.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 42 -
En effet, de tels centres sont les seules structures capables d’assurer ou d’intégrer les exigences des
marchés internationaux en matières de règles non tarifaires, les innovations dont ont besoin les
entreprises pour se démarquer de leurs concurrents, de transformer de manière efficace et efficiente
les matières premières. Le réseautage souhaité entre les deux sous-régions permet l’échange
d’expériences entre deux zones économiques disposant de dotations factorielles similaires et
confrontées aux mêmes difficultés pour faire face à la concurrence des pays développés ou
émergents.
(b) Doter les organismes de promotion du commerce, de centres d’informations outillés et les
mettre en réseau pour faciliter les échanges d’informations
Depuis le début des années 90, le développement accéléré des technologies de l’information et de la
communication a eu des implications importantes sur les questions liées au commerce et à la
compétitivité au niveau mondial. Ceci a consacré ce qu’il convient désormais d’appeler l’ère de
l’information et il n’est donc pas étonnant que certains spécialistes en matière de promotion
commerciale aient relevé qu’une bonne circulation de l’information commerciale pourrait renverser
la tendance que l’on observe dans l’évolution des échanges commerciaux des pays africains.
C’est dans ce contexte qu’il convient de relever la nécessité pour les deux sous-régions de mener au
moins deux (2) actions concernant l’information commerciale à savoir :
•
Se doter d’un centre chargé de collecter, traiter et diffuser des informations commerciales et
technologiques dont ont besoin les entreprises notamment les opportunités d’affaires, les
contacts d’entreprises, les conditions d’accès aux marchés, etc.
•
Mettre ces centres en réseau pour faciliter les échanges d’informations entre les pays des deux
sous-région et permettre aux entreprises de saisir les opportunités d’affaires qui s’offrent à elles.
C. Faire connaître les marchés et les produits des deux (2) sous-régions
La promotion est l’une des actions qui mérite aussi de retenir l’attention des autorités en charge du
développement du commerce des deux sous-régions. En effet, tous les acteurs économiques
reconnaissent que l’information sur l’offre et les marchés de la sous-région CEMAC par exemple,
est quasi inexistante, du fait que les centres de promotion des exportations ou les organismes visant
les mêmes buts ne fonctionnement pas convenablement au niveau de chaque pays. Au moins trois
(3) actions visant à promouvoir les produits et les marchés de la sous-région devraient être engagées
à savoir :
•
Encourager la participation des entreprises aux manifestations commerciales internationales ;
•
Créer une plateforme virtuelle pour la promotion des produits et des marchés ;
•
Mettre sur pied un forum d’hommes d’affaires pour insuffler les relations commerciales entre
les deux sous-régions.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 43 -
1. Encourager la participation des entreprises aux manifestations commerciales
nationales et sous-régionales
La participation à un évènement commercial (foire, rencontre acheteurs-vendeurs, exposition, salon,
mission commerciale) donne souvent l’occasion aux entreprises de mieux connaître un marché
étranger, de prospecter auprès des consommateurs, des distributeurs, des fournisseurs et même
d’éventuels partenaires. De ce fait, il est important pour les autorités en charge de la promotion du
commerce au niveau de chaque sous-région de créer les conditions devant permettre une grande
participation des entreprises chaque fois que des manifestions commerciales (foires, salons
spécialisés ou rencontres acheteurs-vendeurs pour les filières porteuses), sont organisées dans l’une
ou l’autre sous-région, ou au niveau international comme c’est le cas avec le forum francophone des
affaires.
Ceci peut se faire par :
•
Des facilités accordées aux entreprises en termes de conditions de participation (tarifs négociés
pour les voyages, les hébergements et la location de stands, etc.) ;
•
Des appuis multiformes (prises en charges de certaines rubriques telles que la location des
stands, l’hébergement, liées à la participation à un événementiel).
2. Créer une plate forme pour la promotion des marchés et produits de la sous-région
Les TIC permettent aujourd’hui le rapprochement des marchés, une tendance qu’on n’observe pas
encore dans la sous-région. L’information sur les entreprises, sur les produits et les marchés n’est
pas disponible au niveau de la sous-région. Il est important de combler ce déficit. On peut citer
quelques actions qui pourraient y contribuer :
•
La nécessité de créer et de rendre fonctionnelle une plateforme virtuelle pour la promotion des
marchés, des entreprises et des produits. Les pays de chaque sous-région pourraient soutenir
l’idée d’un portail d’informations commerciales actuellement mis en oeuvre par le CCI.
•
La nécessité pour les pays de chaque sous-région de communiquer sur leur environnement
commercial par l’édition des annuaires et répertoires professionnels, sur leurs marchés et sur
leurs offres et demandes de biens et services.
3. Mettre sur pied un forum d’hommes d’affaires pour insuffler les relations
commerciales entre les deux (2) sous-régions
La naissance d’un forum afro-asiatique regroupant les pays de la CEMAC et ceux du Mékong
pourrait être envisagée pour donner un coup de fouet à l’établissement des relations directes entre
les deux sous-régions. Le forum francophone des affaires pourrait servir de plateforme pour
permettre la naissance de ce forum. Un tel forum pourrait :
•
Favoriser les contacts entre opérateurs économiques des deux s(2) sous-régions ;
•
Assister les opérateurs économiques dans leurs formalités de coopération, d’implantation ;
•
Organiser des colloques, manifestations commerciales en vue de faire connaître les produits,
opportunités commerciales qu’offre chaque sous-régions.
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 44 -
VI. CONCLUSION
En guise de conclusion à cette partie consacrée aux propositions de stratégie commerciale, l’on
pourrait résumer les différentes actions préconisées au sein d’une matrice.
Tableau 17 : Matrice d’actions du programme de promotion du commerce inter-régional
Objectifs Actions Activités Responsables
Prendre des
mesures pour
faciliter le
positionnement
des entreprises
sur les
créneaux
porteurs
Identifier les filières à fort
potentiel pour le commerce
inter régional
Créer les conditions pouvant
aider les entreprise à se
positionner sur ces créneaux
porteurs
Voir Chapitre 2
Voir tableau 15
Etat
Organisme
d’appui au
secteur privé
Développer la
coopération
commerciale et
industrielle
Initier des programmes de
promotion des exportations et
de coopération commerciale
entre les deux sous-régions
Initier des programmes de
coopération industrielle entre
les organismes d’appui aux
entreprises
Initier des programmes
d’assistance technique en faveur
des entreprises de la CEMAC
Réaliser des guides pratiques à l’intention
des producteurs, exportateurs des filières
coton, café, caoutchouc, cuir.
Programmer des ateliers visant à améliorer
les capacités de production des exportateurs
de la CEMAC
Mettre en réseau les entreprises des deux
sous-région
Etat
CCI
Organismes
d’appui au
secteur privé
Faire connaître
les potentiels
d’offre des
deux sousrégions
Encourager la participation des
entreprises des sous-régions lors
des manifestations
commerciales
Créer une plateforme virtuelle
pour la promotion des produits
et l’échange d’informations
commerciales
Créer un forum d’hommes
d’affaires pour insuffler les
relations commerciales entre les
deux sous-régions
Large sensibilisation sur les
manifestations commerciales (foires, salons,
etc.) et implication des missions
commerciales des représentations
diplomatiques pour amener les entreprises
des deux (2) sous-régions à y participer ;
Mettre en place un site web d’opportunités
d’affaires
Organiser des forums d’hommes
d’affaires en marge des réunions de la
Francophonie
Organismes
d’appui au
secteur privé
CCI
OIF
Organismes
d’appui au
secteur privé
OIF
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 45 -
ANNEXE : TABLEAUX STATISTIQUES
Tableau 18 : Liste des produits retenus dans le cadre de la présente étude
Riz
SH2 Libellé du produit
10.04 Riz décortiqué
Riz en brisures
Riz semi-blanchi ou blanchi autrement conditionné
Riz semi-blanchi ou blanchi.
Ouvrages en matières textiles, et chaussures
SH2 Libellé du produit
50 Soie
51 Laine
52 Coton
53 Autres fibres textiles végétales
54 Filaments synthétiques
55 Fibres synthétiques
56 Ouates et feutres
57 Tapis et autres revêtements
58 Tissus spéciaux
59 Tissus imprégnés
60 Etoffes de bonneterie
61 Vêtements en bonneterie
62 Vêtements autres qu’en bonneterie
63 Autres articles textiles
64 Chaussures
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 46 -
Gadgets électroniques
SH2 Libellé du produit
84.69 Machines à écrire, non électriques
84.70 Machines à calculer électroniques
84.71 Machines automatiques de traitement de l’information numériques,
84.72 Machines et appareils de bureau du n° 84.72
84.73 Parties et accessoires d’autres machines du n° 84.70 à 84.72
85.02 Groupes électrogènes
85.03 Parties de machines
85.04 Transformateurs électriques
85.09 Appareils électromécaniques, à usage domestique
85.10 Tondeuses et tondeuses électriques
85.11 Appareils, parties d’appareil et dispositifs électriques du n° 85.11
85.12 Appareils d’éclairage ou de signalisation visuelle
85.13 Lampes électriques portatives
85.14 Fours industriels ou de laboratoires
85.15 Machines, parties de machines, et appareils pour le soudage
85.16 Appareils électrothermiques
85.17 Appareils pour la téléphonie ou la télégraphie
85.18 Appareils électriques divers d’amplification du son
85.19 Appareils de reproduction du son
85.20 Appareils d’enregistrement et de reproduction du son
85.21 Appareils d’enregistrement ou de reproduction vidéophoniques
85.22 Autres parties et accessoires des appareils des n°s 85.19 à85 21
85.23 Supports pour l’enregistrement du son
85.24 Supports pour la reproduction des phénomènes autres que le son et l’image
85.25
Appareils d’émission ou d’enregistrement pour la radiophonie, la radiotélégraphie, la radiodiffusion ou la
télévision
85.26 Appareils de radiodétection, de radio télécommande et de radiosondage
85.27 Appareils récepteurs de radiodiffusion, combinés à un appareils d’enregistrement ou de reproduction
85.28 Appareils récepteurs de télévision en couleurs
85.29 Antennes et réflecteurs d’antennes de tous types,
85.30 Appareils électriques de signalisation, de sécurité, de contrôle ou de commande
85.31 Autres appareils électriques de signalisation acoustique ou visuelle
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 47 -
Véhicules de transport à deux roues et matériels agricoles
SH2 Libellé du produit
7.01 Tracteurs
87.11 Motocycles
87.14 Parties de motocycles
Bois et produits transformés
SH2 Libellé du produit
44.03 Bois brut
44.07 Bois scié
44.08 Feuille de placage
Produits minéraux
SH4 Libellé du produit
27.09 Huile de pétrole brute
27.10 Huile de pétrole
27.11 Gaz de pétrole
Métaux
SH2 Libellé du produit
28 Métaux précieux
72 Fer
75 Nickel
76 Aluminium
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 48 -
Tableau 19 : Evolution des importations du Cameroun ( en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Biens d’équipement 555,2 482,1 502,3 610,1 490,4
Biens intermédiaires 922,5 924,8 1 106,4 1 303,0 1 668,4
Consommation des entreprises 261,3 324,3 355,4 405,2 333,2
Demi-produits 277,2 283,3 330,6 392,4 406,8
Produits bruts d’origine animale ou végétale 82,2 91,9 104,3 119,4 112,2
Produits bruts minéraux et autres 301,8 225,2 316,1 386,1 816,3
Biens de consommation 304,6 352,5 487,3 628,8 625,0
Alimentation -Boisson -Tabac 130,8 163,3 246,6 332,0 344,7
Autres biens de consommation des ménages 173,8 189,1 240,7 296,8 280,2
Energie et lubrifiants 24,7 46,6 61,5 44,1 6,0
TOTAL 1 807,1 1 806,0 2 157,5 2 586,0 2 789,8
Importations/PIB 18,73% 16,50% 15,69% 16,40% 16,76%
Tableau 20 : Evolution des importations du Congo ( en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Biens d’équipement 344,03 288,79 303,81 334,38
Biens intermédiaires 214,21 273,98 267,89 324,35
Produits chimiques 103,86 134,21 137,54 151,59
Fer et acier 19,47 45,35 23,61 51,27
Autres demis produits 62,13 64,79 80,06 93,63
Biens de consommation 332,90 319,33 406,45 412,40
Produits alimentaires 198,44 185,12 248,39 232,95
Textile et vêtements 79,75 62,02 82,11 100,31
Energie 16,69 25,92 25,66 15,60
TOTAL 927,3 925,6 1026,4 1114,6 1416,32
Importations/PIB 32,69% 30,47% 29,35% 25,58% 23,86%
Sources : Examen des politiques commerciales, Congo – Données BEAC -
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 49 -
Tableau 21 : Evolution des importations du Gabon ( en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Biens d’équipement 390,4 397,4 453,9 550,7
Biens intermédiaires 103,3 118,7 106,2 164,4
Dont matériaux de construction
29,8 29,5 34,5 46,7
demi-produits (produits
sidérurgiques)
73,6 89,2 71,7 117,7
Biens de consommation 378,6 398,6 452,3 509,8
dont produits alimentaires
191,2 228,4 254,8 279,6
Autres 269,2 274,5 267,8 247,4
TOTAL 848.6 1 141,6 1 189,2 1 280,2 1 472,4
Importations/PIB 17,98% 23,39% 19,97% 17,99% 17,21%
Source : Calculs réalisés à partir des données des Douanes gabonaises
Tableau 22 : Evolution des importations de la Guinée Equatoriale ( en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
TOTAL 810,11 509,81 1 238,10 1 570,59 2 111,01
Importations/PIB 47,08% 24,33% 43,65% 33,93% 29,60%
Sources : Calculs réalisés à partir des données de la BEAC
Tableau 23 : Evolution des importations de la RCA ( en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
TOTAL 107,10 120,92 117,76 148,20 171,35
Importations/PIB 11,13% 11,81% 10,07% 11,34% 12,03%
Sources : Calculs réalisés à partir des données de la BEAC -
Tableau 24 : Evolution des importations du Tchad ( en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
TOTAL 516,12 1491,20 778,62 861,29 1 118,22
Importations/PIB
30,14% 74,59% 28,55% 19,47% 19,08%
Sources : Calculs réalisés à partir des données de la BEAC
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 50 -
Tableau 25 : Evolution des exportations du Cameroun (en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Pétrole brut 800,7 831,7 905,3 1 069,3 1 399,1
Cacao 141,0 237,7 244,1 251,0 258,8
Café 43,0 53,5 69,7 72,5 62,6
Coton — fibre et dérivés 90,2 96,1 109,7 139,7 119,0
Bois — grumes -sciages et dérivés 251,6 255,0 334,7 425,4 416,1
Aluminium — brut et dérivés 74,3 81,0 95,5 138,7 166,6
Caoutchouc naturel 43,0 46,3 71,2 71,0 69,4
Banane 19,4 23,1 32,4 39,3 44,4
Produits pétroliers raffinés 69,3 72,9 147,8 205,9 296,4
Divers 167,6 142,7 287,9 146,1 152,0
TOTAL 1 700,1 1 840,0 2 298,3 2 558,8 2 984,4
Exportations/PIB 17,62% 16,81% 16,71% 16,22% 17,93%
Tableau 26 : Evolution des exportations du Congo (en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Pétrole brut 1 832,8 1 863,6 2 311,7 3 060,5 4 360,5
Produits pétroliers raffinés 4,5 33,8 46,4 41,7 54,6
Bois tropicaux 111,5 159,2 191,9 253,3 215,9
Rondins d’eucalyptus 12,0 1,2 3,1 0,2 0,8
Sucre 11,7 15,3 13,8 22,0 29,2
Divers 85,8 61,6 75,2 38,7 52,9
TOTAL 2 058,3 2 134,6 2 642,1 3 416,5 4 714,0
Exportations/PIB 73,56% 70,28% 75,55% 78,41% 79,41%
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
- 51 -
Tableau 27 : Evolution des exportations du Gabon (en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Pétrole brut 2 064,6 2 091,1 2 637,1 3 392,0 4 552,2
Manganèse 124,2 139,4 124,1 207,4 349,9
Produits pétroliers raffinés 26,5 31,3 40,3 66,6 66,0
Bois et ouvrage en bois 294,9 292,5 381,4 411,8 475,3
en grume 0,0 199,3 248,3 249,5 304,6
débité et ouvrages en bois 0,0 93,2 133,1 162,2 170,8
Divers 73,8 69,8 34,0 46,9 99,1
TOTAL 2 617,5 2 604,7 3 241,7 4 162,5 5 599,5
Exportations/PIB 55,46% 53,37% 54,44% 58,48% 65,46%
Tableau 28 : Evolution des exportations de la Guinée Equatoriale (en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Pétrole brut 1 586,2 1 940,7 2 569,8 4 246,9 6 576,9
Méthanol 85,4 135,6 162,1 279,1 492,8
Bois 53,0 44,9 53,6 56,4 50,5
Cacao 1,6 3,8 4,5 5,3 3,0
Café 0,0 0,0 0,0 0,2 0,2
Divers 11,1 14,0 16,7 19,0 19,5
TOTAL 1 737,3 2 139,0 2 806,7 4 606,8 7 142,9
Exportations/PIB 100,96% 102,06% 98,96% 99,53% 100,14%
Source : Calculs réalisés à partir des données de la BEAC
Tableau 29 : Evolution des exportations de la RCA (en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Coton — fibre et dérivés 10,1 9,2 1,0 3,4 2,1
Diamants 56,3 52,4 49,3 52,8 62,2
Café 2,2 1,4 1,4 1,9 1,7
Tabac 0,1 0,1 0,2 0,2 0,2
Bois 61,9 75,0 59,7 54,6 49,0
Divers 11,9 9,4 16,9 13,9 12,7
TOTAL 142,5 147,6 128,4 126,8 127,9
Exportations/PIB 14,80% 14,42% 10,98% 9,70% 8,98%
Source : Calculs réalisés à partir des données de la BEAC
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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Tableau 30 : Evolution des exportations du Tchad (en $ millions)
2001 2002 2003 2004 2005
Pétrole brut 0,0 0,0 235,9 1 739,7 2 632,1
Bétail 67,6 85,7 232,1 287,3 223,7
Coton 77,7 56,1 77,6 84,8 80,1
Divers 43,4 43,9 56,7 85,0 99,1
TOTAL 188,8 185,7 602,2 2 196,8 3 034,9
Exportations/PIB 10,87% 9,29% 22,08% 49,66% 51,79%
Source : Calculs réalisés à partir des données de la BEAC
Tableau 31 : Principaux fournisseurs du Cameroun en riz (en $ millions)
Origine
2001 2002 2003 2004 2005
%
Chine 24,23 34,12 25,44 19,41 0,01 0,0%
Etats-Unis d’Amérique 0,00 0,11 0,87 4,25 7,47 5,5%
Inde 1,55 11,73 12,69 5,05 9,00 6,6%
Myanmar 4,72 5,09 1,29 0,00 4,37 3,2%
Pakistan 11,20 0,52 0,53 3,15 17,59 12,9%
Thaïlande 4,89 13,73 10,88 49,38 55,94 40,9%
Vietnam 1,13 0,17 3,63 13,08 42,18 30,8%
Total 48,20 67,00 56,38 94,41 136,83 100,0%
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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Tableau 32 : Principaux fournisseurs du Cameroun en produits textiles (en $ millions)
Origine
2001 2002 2003 2004 2005
%
Bangladesh 0,97 0,54 1,11 1,29 0,67 1,1%
Belgique 11,03 9,55 21,36 27,45 31,32 51,1%
Chine 2,31 1,98 4,46 5,85 6,91 11,3%
Corée du Sud 0,05 0,10 0,23 0,96 1,48 2,4%
Côte-d’Ivoire 2,13 2,55 1,42 0,98 0,97 1,6%
France 2,52 2,88 2,69 2,43 1,99 3,2%
Grande-Bretagne 0,40 0,59 1,11 1,83 3,37 5,5%
Hongkong 1,49 1,95 3,42 4,21 5,21 8,5%
Inde 0,23 0,29 0,51 0,47 1,01 1,6%
Indonésie 0,12 0,08 0,84 1,36 1,23 2,0%
Italie 1,17 1,68 2,03 1,54 1,57 2,6%
Thaïlande 0,04 0,14 0,44 1,13 0,61 1,0%
Total 25,82 25,43 43,91 53,64 61,25 100,0%
Tableau 33 : Principaux fournisseurs du Cameroun en motocycles (en $ millions)
Origine
2001 2002 2003 2004 2005
%
Chine 0,15 0,38 2,07 5,23 8,06 91,70%
Hongkong 0,00 0,01 0,03 1,33 0,00 0,00%
Japon 1,22 0,97 2,34 1,33 0,47 5,40%
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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Tableau 34 : Principaux fournisseurs du Cameroun en gadgets électroniques(en $ millions)
Origine
2001 2002 2003 2004 2005
% (2005)
Abou Dhabi 0,22 0,71 0,75 1,30 0,82 0,73%
Afrique du Sud 2,36 1,31 4,10 5,17 1,69 1,50%
Belgique 1,10 1,89 0,75 2,31 0,49 0,44%
Canada 0,61 0,31 1,04 0,29 0,18 0,16%
Chine 1,69 3,07 4,93 9,55 14,04 12,46%
Espagne 0,25 0,41 0,22 2,03 0,32 0,28%
Etats-Unis d’Amérique 12,53 12,30 5,12 5,90 4,50 3,99%
Finlande 0,10 0,04 0,42 51,62 0,51 0,45%
France 27,31 29,76 31,01 57,56 54,38 48,27%
Grande-Bretagne 3,45 13,86 5,80 4,26 5,01 4,45%
Hongkong 0,56 0,68 1,78 2,63 0,93 0,83%
Hongrie 0,02 0,40 0,49 0,66 1,28 1,14%
Irlande 3,37 3,09 0,59 1,45 0,86 0,77%
Israël 0,39 1,83 0,46 0,91 2,41 2,14%
Italie 1,28 2,43 1,87 1,98 1,76 1,57%
Japon 1,41 1,13 1,57 1,45 0,88 0,78%
Norvège 0,28 1,43 1,81 0,86 2,00 1,78%
Pays-Bas 0,39 4,01 0,78 1,69 0,96 0,86%
Pologne 0,17 0,34 0,29 1,33 0,05 0,04%
Allemagne 1,50 2,68 1,59 19,40 2,50 2,22%
Singapour 0,34 0,33 0,84 2,44 0,46 0,40%
Suède 10,09 4,88 11,48 10,76 8,13 7,22%
Etude des opportunités commerciales en Afrique centrale — CEMAC
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C’est évident, c’est une belle opportunité !